Le dispositif est très sobre, sans doute parce que c'est un telefilm de peu de budget. Dans un décor réduit au strict minimum, des acteurs déclament des dialogues qui doivent être ceux du livre, tant ils sonnent "d'époque".
Mais la sobriété du film, justement, finit par jouer pour lui. Cela donne de la force à l'histoire, et au personnage de Marianne, superbement interprété par Virginie Ledoyen. Et de toute façon, Jacquot n'est pas connu pour des mises en scène flamboyantes.
On regrettera toutefois que le son fasse parfois des siennes, au point que certaines lignes de dialogue ne s'entendent qu'avec peine.
Un bon point est que, là où Haneke avait suivi Le château de Kafka à la lettre, et donc interrompu son film comme le livre était interrompu, Jacquot clôt son histoire.
D'une manière qui n'est pas vraiment consensuelle d'ailleurs. Marianne devient, dans ce récit, un personnage très actuel, une femme qui tente de faire sa vie dans un monde d'hommes. Qui tente de s'accomoder de leurs inclinations et de leur légèreté. Une héroïne tragique, opportuniste par nécessité, dont le destin final marquera l'hypocrisie du rapport aux femmes dans la société.
Voilà de quoi donner un intérêt précis à cette adaptation.