Dix-neuvième film de William Wyler et son troisième en trois ans avec Bette Davis (après « L’insoumise » et « La Lettre »), « La Vipère », adaptation de la pièce de théâtre de Lillian Hellman (elle-même à la réécriture du scénario), nous emmène dans le sud des Etats-Unis au XXème siècle dans une grande famille américaine où Regina, la femme d’un banquier malade à qui elle veut emprunter de l’argent pour certaines manigances avec ses deux frères…
Wyler étudie avec intelligence et réalisme le côté sombre de la nature humaine à travers cette dangereuse femme froide et presque inhumaine. Il prend le temps de la présenter et dévoile peu à peu son jeu et sa nature. Il dresse aussi une peinture de la bourgeoisie américaine sans grand scrupule et les liens familiaux de cette famille où Regina tisse peu à peu sa toile. Pour cela, Wyler bénéficie d’un très bon scénario et de personnages bien écrit et sa belle mise en scène est parfaite.
Malgré tout, j’ai trouvé que Wyler n’évitait pas forcément tous les pièges dans lesquels tombent certaines adaptations théâtrale si il évite le sur-jeu des acteurs, ce n’est pas le cas au niveau du dosage des dialogues qui rendent certaines scènes un peu trop bavarde et notamment en début de film. C’est bien dommage car à côté de ca, c’est parfait de bout en bout et il avait admirablement évité ce petit défaut avec « L’insoumise » qui était aussi une adaptation théâtrale et un portrait d’une femme du sud incarnée par Bette Davis.
Côté interprétation, c’est bien évidemment Bette Davis qui écrase tout, elle est d’ailleurs peut être un peu plus sobre que dans d’autres rôles qui ont fait sa renommée mais elle en est pas moins impeccable, elle retranscrit à merveille la nature sombre de son personnage.
Si Wyler a fait mieux, ca reste néanmoins un bon film, intelligent, bien écrit et interprétés mais qui aurait gagné à être un tout petit peu moins théâtral…