La Visite de la fanfare raconte quelques heures des tribulations d’une fanfare militaire égyptienne dans une petite ville du désert du Néguev. Mais le thème sous-jacent n’éclipse pas le scénario, ce qui est toujours à craindre et trop souvent se réalise avec ce genre de films. En somme, la qualité aurait été la même avec une fanfare havraise bloquée à Rouen.
Servi par des comédiens qui n’en font pas des caisses, le réalisateur évite les bons sentiments et les clichés pontifiants, en produisant un récit visuellement convaincant, avec un rythme équilibré, un sens de la mesure, et quelques scènes franchement drôles — la drague au dancing, la cabine téléphonique. Avant d’être une histoire d’Israéliens et d’Arabes, la Visite de la fanfare est une histoire de solitudes qui s’apprivoisent, avec un peu de musique pour adoucir les mœurs.
Ça n’est pas nouveau, évidemment, ni le film de l’année, mais ça reste une bonne surprise.