Un téléfilm Netflix qui prend une idée dystopique explicite plutôt fun même si la crainte de l’idéologie reste présente à chaque scène « voilà ce que ça veut dénoncer, hooouuuu c’est pas bien ». Dans l’ensemble ça reste léger et prend pas la tête.
Rosamund Pike je l’ai connue dans le rôle de douce fille insipide dans Orgueil & Préjugés. Depuis qu’elle a percé dans Gone Girl j’ai l’impression qu’elle ne choisit que des rôles poussant justement une autre vision de la femme. Toujours pas d’avis bien défini sur ce constat, juste que je savais à quoi m’attendre. Je ne sais juste pas si un agent lui a conseillé de rester dans cette veine vu le succès que ça lui a amené ou si c’est une volonté claire, personnelle et militante de sa part. Sacha Baron Cohen est un message plus trouble à interpréter, c’est un peu l’espoir de légèreté.
C’était pas le maximum de la poilade car il y a toujours cet arrière-goût de satire forcée et peu convaincante dans le comportement que certaines femmes adoptent supposément « comme ceux des hommes », maiiiiiis j’ai eu ce que je suis venue chercher.
Quand j’ai mis ce film dans mes envies j’avais ce vent de fraîcheur de me dire « oh un truc pas prise de tête pour lequel je suis un peu curieuse de voir où ils vont aller ». Ca a réussi à me tenir.
Pour l’aspect qui pourrait être + intéressant d’un point de vue de la réflexion j’ai quand même un problème dans ce genre de « dénonciation ». J’ai dit que je trouvais que les femmes en faisaient trop pour la jouer comme un homme mais à leur décharge les hommes sont présentés de façon exagérée comme des machos.
Alors je suis familière avec le concept de la satire qui vise à accentuer des traits pour mieux les dénoncer. Mais pour moi ça reste un peu trop gauche.
Théoriquement je pense qu’il y a vraiment des sujets sur la perception qu’ont certains hommes des femmes qu’il serait intéressant de souligner et mettre en perspective pour questionner leur bien-fondé. Le problème c’est que je trouve rarement les façons de faire efficaces.
On dirait qu’il y a tellement toujours cette volonté de dénigrer les hommes et de les ridiculiser au passage qu’on appuie trop le trait ce qui décrédibilise d’office le discours parce que ça laisse la porte de sortie de « non mais là c’est abusé, aucun homme ne se comporte comme ça ». Et oui. C’est à mon sens plus insidieux et plus subtile donc plus frustrant encore que ça. Peut-être même pour ça que ceux qui seraient le plus de bonne foi ne se rendent pas compte de la manière supérieure dont ils peuvent nous considérer. Du coup ça n’aide pas à créer un effet miroir pour ouvrir la réflexion. J’ai pu retrouver dans ma tête des hommes qui seraient similaires à ce qui est montré à l’écran mais là on part sur de l’innocente beauferie finalement peu impactante. C’est moins frustrant que lorsque c’est quelqu’un d’intelligent qui est persuadé en plus de nous traiter au maximum de nos capacités et d’être différent justement d’un beauf qui serait limité. Qui pourrait presque nous parler avec la bienveillante condescendance faite à un enfant qui est mignon à essayer de réfléchir comme les grands.
Donc bon, ce film n’a pas fait exception dans l’échec à ce niveau. J’espérais quand même un peu en ressortir quelque chose de +.
Aussi. Le film s’escrime à remplacer scrupuleusement les hommes par des femmes dans tous les rôles. Mais c’est un peu nier pourquoi les hommes se sont retrouvés dans ces positions et pourquoi c’est normal que ce ne soit pas des femmes. Je trouve qu’il aurait mieux valu garder les hommes dans des rôles de secouristes ou éboueurs ou je-ne-sais-quoi et valoriser les femmes dans le domaine dans lequel elles sont le + représentée en donnant + d’importance à ça dans ce monde dystopique et en quoi cet « « « avantage naturel » » » leur aurait servi de base à prendre le dessus dans la société et à mépriser l’utilité des hommes. Parce que là encore pour court-circuiter la réflexion suffit de dire que certains travails assumés par des hommes ne le sont pas pour dominer la femme mais juste car physiquement ils ont des prédispositions qui ne peuvent que les amener à être + représentés dans tel domaine. Donc ça ne sert à rien de faire genre qu’on en serait réellement férocement empêchées. Bref, des détails comme ça où je me dis j’aime l’idée de départ mais le propos est ailleurs.
Puis bon, quand c’est trop grossier ça n’aide pas à intellectualiser le truc mais ça n’aide pas non plus à vraiment en rire.
Dans l'ensemble j'ai quand même passé un bon moment.
Je vois que c’est tiré d’un film français – que je n’ai pas vu – lui-même adapté d’un court-métrage que j’ai bien noté à l’époque.
Je n’en ai plus aucun souvenir. Je voulais le re-regarder histoire de voir si j’avais changé de vision depuis mais je n’ai malheureusement toujours pas de compte Youtube pour prouver que cette vidéo n’est pas inappropriée pour mes yeux de trentenaire. Du coup je ne sais plus si j’assume ma note.