Last Seduction
6.7
Last Seduction

Film de John Dahl (1994)

Bridget, entre l'ancien et le nouveau Film Noir

Une femme s'enfuit de New-York, car elle a dérobé 700 000 dollars à son mari. Et au lieu d'aller à Chicago, comme il le penserait, elle va se réfugier dans une petite ville, Beston, afin d'y vivre incognito. Cependant, en allant dans le seul bar du coin, où son fort caractère et son physique se font remarquer, un des clients va tomber sous le charme de cette femme, qui voit en lui un pigeon pour un autre coup, plus gros encore.


Bien qu'il soit désormais cantonné à réaliser des épisodes de séries télé, John Dahl a eu un courte carrière de 8 films, où surnagent Une virée d'enfer (dont j'ai un bon souvenir), et surtout ce Last Seduction, qu'on peut qualifier de miracle. Une sorte de version contemporaine du film noir, d'autant plus impressionnante qu'elle a été diffusée au départ à la télévision, mais dont le retentissement fut important au point de lui permettre une sortie en salles. Linda Fiorentino est comme une sorte d'astre noir régnant dans cet univers qui d'ailleurs se déroule plus de jour que de nuit, et qui n'est pas dupe de son charme afin de mener son petit monde par la baguette. Comme en témoigne le type joué par Peter Berg, qui est une sorte de crétin du village qui croit en cette relation, que Bridget voit autrement que comme un instrument à ses noirs desseins. Quitte à coucher à lui, car loin d'être une victime, elle est clairement une femme forte, puissante, désirable, mais qui attire les hommes comme une araignée qui tisse sa toile autour de ses proies. On retrouve aussi Bill Pullman en tant que mari spolié.


On voit bien que le budget n'est pas dingue, ce qui explique ces multiples scènes d'intérieurs, mais l'écriture au cordeau de cordeau de Steve Barancik, dont une des influences visibles est Assurance vers la mort, rend l'histoire passionnante, jusqu'au coup de théatre (quasi) final. Quant à Linda Fiorentino, dont la carrière s'est brusquement arrêtée depuis 2002, c'est clairement le rôle de sa vie, avec un rôle à la Barbara Stanwick, qui se révèle au fond d'une grande cruauté, et quelque part, j'y vois un film féministe avant l'heure, d'une grande noirceur, mais surtout brillamment joué et écrit.

Boubakar
7
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le 30 août 2024

Critique lue 23 fois

Boubakar

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