The Last Seduction s'impose dès les premières minutes comme un thriller aussi sulfureux qu'intelligent ; il est surtout porté par une interprétation magistrale de Linda Fiorentino dans un rôle de femme fatale qui lui convient parfaitement.
Dans le rôle de Bridget Gregory, Linda Fiorentino offre une performance d'une rare intensité : elle est aussi glaciale, calculatrice que fascinante ; pour rivaliser, il n'y aurait guère que Sharon Stone dans basic instinct c'est dire...
A la fois hommage et réinvention du film noir (voire du thriller érotique), The Last Seduction s’impose comme une variation moderne et acérée du mythe de la femme fatale.
À la croisée des chemins entre la sensualité trouble de Gilda (1946), le cynisme glaçant de Basic Instinct (1992) et la manipulation décomplexée de Suzanne la perverse (1968), le film offre une relecture audacieuse et jubilatoire du personnage de la femme fatale.
Le film séduit par son intrigue simple mais efficace (le couple touche le pactole mais c'est Madame qui se barre seule avec tout le pognon) et ses dialogues incisifs.
Malheureusement, certaines ficelles scénaristiques paraissent un peu grosses. Quelques retournements sont trop "téléphonés" (surtout l'avant dernière scène) et certaines réactions des personnages semblent parfois trop naïves pour être crédibles. Ces invraisemblances n'entachent pas fondamentalement le plaisir du spectateur, mais empêchent le film d'atteindre le statut de film culte.
En synthèse : The Last Seduction est une réinvention réussie du mythe de la femme fatale ; malheureusement cette réinvention sous un angle particulièrement vénal et sensuel n’échappe pas à quelques facilités.