On retrouve notre couple clopin clopant en Italie encore une fois. La communication ne s’est pas arrangé et leurs enfants se sont mêlé à la danse.
Rupture directe avec le précédent volet on ne verra pas grand chose de cette Italie.
La caméra se concentre sur le corps de la pauvre Sophie quelque peu seule dans son rôle de parent entrain de régler les brailleries de ses enfants, la suite du voyage, où on va manger et où est-ce que le plus jeune va déposer sa pêche.
On y voit son mari las, fatigué et distant, avec elle et ses enfants.
Ce choix est brillant, on ressent parfaitement la sensation de submersion des deux parents face à la galère du voyage peu préparé avec des enfants en bas âge. Leur incapacité à vivre le moment présent et à se retrouver eux. Les moments de joie manifeste existent et sont montré mais très brièvement et on se replonge dans ces cris et rien qu’il a plus de fanta que moi et ptn Raoul arrête de chier partout.
C’est parfait, le ton aurait pu être trop sérieux et dramatique pour rien mais ce n’est pas le cas. Il est pile au bon degré, on rigole de nos galères et parfois on en pleure mais surtout on avance jusqu’à la prochaine étape, la prochaine ville, le prochain resto, le prochain oubli. C’est les vacances.
Le montage est admirable, il est flou et confus à souhait. On est perdu entre les souvenirs contradictoires de chacun. À 4 c’est plus difficile de se souvenir qu’à 2, chacun à sa vison de la chose… Cela créant du comique de situation où souvenirs et émotions contradictoires se succèdent avec un certain génie je dois le dire.
Et parmi toutes ces considérations logistiques et infantiles chiante on aperçoit peu à peu la fin du couple qui se profile. Là où on sentait malgré les galères qu’il existait tout de même de la tendresse entre jean phi et Sophie dans le premier film, là on la perd de vu.
Jean phi se plaint, beaucoup, n’est pas rieur et manque atrocement de second degré. On en rigole puisque ces moments de « je boude » ou « je me fâche » le rendent vraiment ridicule mais on s’en émeut, puisqu’a travers ces choses simples on voit bien qu’ils ne sont plus en phase.
Le procédé du film dans le film et des vacances qu’on se raconte est toujours le même mais accentué. On voit tout, on se remémore chaque détail, sauf ceux qui ne se racontent pas. Comme quand Sophie accepte une taff sur un J proposé par Francesco l’hôtelier. La caméra nous le montre et c’est tout on ne nous le racontera pas et on sait pourquoi, c’est brillant. Même si on ne se le dit pas les choses se ressentent et Jean phi s’en plaindra, les vacances quoi.
C’est encore un oui je sors plus que comblé de cette séance qui entérine la place de Sophie comme réalisatrice majeure de ses dernières années. Pcq elle chope et filme ce que peu ou personne n’arrive à capter en fiction: le réel.