Dernier opus de la trilogie du milieu de Fernando Di Léo et peut-être celui auquel j'ai le moins accroché. Il Boss est en effet plutôt classique dans sa construction alors qu'on y suit la montée en puissance de Lanzetta, porte-flingue qui profite des conflits internes à la mafia pour grimper dans la hiérarchie à la force du poignet et des trahisons d'usage. Henry Silva lui prête bien son faciès monolithique et le film offre toujours une belle galerie de trognes (avec les habituels hippies-loubards bariolés), dont un Howard Ross au physique magnétique. Le personnage de Antionia Santilli est plus discutable, caricature de nymphomane délurée cannabinophile tout juste bonne à prendre des tartes sans rechigner et qui n'apporte rien au scénario ; étonnamment, dans un bonus, Di Léo considère avoir écrit ce rôle de manière positive, ce qui ne ressent pas vraiment à l'écran.
Le choix de quitter Milan pour la Sicile est intéressant car on y ressent plus le poids insulaire de l'entre-soi, de la corruption policière, des interventions presque figuratives de l'anti-mafia et de cette célébration de la valeur familiale au sein des organisations locales qui s'opposent à l'arrivée des Calabrais. Il est alors ironique de constater que c'est un orphelin qui va finalement anéantir la dite-famille. Dommage toutefois que Palerme ne soit pas du tout mise en valeur comme l'était la métropole lombarde. Enfin, impossible de ne pas évoquer la séquence d'introduction foldingo qui voit Lanzetta exploser à la roquette ses adversaires dans une salle de cinéma ; la violence contre les mannequins en mousse y est à son paroxysme, on retrouve même les malheureux mutilés toujours aussi visiblement factices à la morgue !
L'intervention de René Marx en bonus du BR est plus courte mais toujours aussi pertinente, avec une critique de la fréquente idéalisation des truands à l'ancienne qui seraient honorables car refusant de commercer des narcotiques (fantasme que l'on retrouve d'ailleurs dans les films de yakuzas de Fukasaku) et un questionnement sur l'attitude supposée de l'authentique mafia vis-à-vis des films qui lui étaient consacrés. Par contre, personne n'évoque la fin ouverte de Il Boss qui conclut sur un carton "à suivre".