Fernando di Leo commence très fort son film, avec une exécution pour le moins musclée dans une salle de cinéma X ! Une manière de préparer le spectateur : cette conclusion de la trilogie du milieu sera encore plus violente et pessimiste que les deux volets précédents. Il faut aussi ajouter que si « Milano Calibro 9 » et « La Mala Ordina » se déroulaient à Milan, « Il Boss » se passe en Sicile, où la situation est dépeinte comme désespérée.
A tel point que l’on s’embarque pratiquement dans le nihilisme. Car ici, aucun personnage n’est reluisant. Tous sont de gros filous pour qui l’honneur ou la fidélité ne constituent que des façades pour sauver sa peau, avant de trahir généreusement son prochain. La police, la mafia, tout le monde dans le même panier. On ne peut faire confiance qu’à son flingue, et surtout il faudra l’utiliser à foison !
On assistera ainsi à divers règlements de compte, initiés par l’assassinat de l’introduction et l’enlèvement d’une jeune femme. Même celle-ci n’a rien d’attachant : c’est une pimbêche nymphomane et alcoolique !
Pour ceux qui adhèrent à ce ton noir, ce poliziottesco s’avère plutôt réussi. La caméra est dynamique, et les scènes d’action sont nombreuses et bien ficelées, dont plusieurs exécutions corsées. Côté acteurs, comme souvent dans ces films, on dira gentiment que les jeux ne sont pas très fins. Mais Henry Silva convient très bien à ce protagoniste de tueur imperturbable et machiste.
Je note que là encore, Fernando di Leo transforme le méchant du film précédent en anti-héros (Silva était l’un des antagonistes de « La Mala Ordina », face à Mario Adorf qui était lui-même un méchant de « Milano Calibro 9 »).