Plus psychanalytique que thriller: J'vous ai apporté du gigot.

Un si joli village... en Dordogne.

Tout repose sur le soupçon, une musique inquiétante et l’attraction irrésistible entre Hélène et Paul.

Après revisionnage, je me rends compte que j'avais zappé le film en partie.

Décidément, Chabrol "aime" les briquets..

Une rencontre qui débute lors d'un repas de mariage, entre Hélène et Paul, le boucher du village.

L'on ressent à la fois la quiétude du village et une sorte de pesanteur, interrompue par quelques notes de musique inquiétantes tout au long du film.

La province des années 70 débutantes , rythmée par les mariages et les enterrements, le charme désuet des voitures et des tenues vestimentaires en font un film témoin de toute une époque.

L'amitié du duo perdure un moment.

Les deux se font même des confidences "intimes", Paul intrigué par le fait que cette directrice d'école soit encore jeune pour venir s'enterrer dans ce lieu et surtout sans amoureux.

Il ne se passera rien entre eux, au delà de l'amitié, même si l'on voit que Paul ne lâche jamais Hélène.

Pour un oui, pour un non, il trouve tous les moyens de se rapprocher d'elle.

En guise de fleurs, il lui offre du gigot ou des cerises à l'eau de vie.

Elle n'oublie pas son anniversaire et lui offre un briquet laqué noir.

Ce dernier est une pièce centrale de tout ce qui suivra, à savoir, la continuité de la relation amicale du duo ou non.

Trois meurtres sordides, dont le second est découvert par Hélène et sa classe, à leur sortie d'une visite de la grotte de Cougnac, dans le Lot, viennent rompre la quiétude des lieux.

Cela va l'ébranler et pour cause..

Elle ne pourra pas s'empêcher de soupçonner Paul.

D'autant que ce dernier se fait insistant, vient lui rendre visite à la nuit tombée, jusqu'à s'introduire dans la salle de classe prétextant une chose urgente à lui dire.

Une histoire de "La Belle et la Bête" revisitée, une histoire de désir inassouvi, une histoire de non-dit, une histoire de blessures anciennes et assassines, une histoire d'amour impossible : Il est question d'un peu de tout cela dans "Le boucher", hyper chabrolien.

Ce n'est pas la première fois que Jean Yanne et Stephane Audran, la muse et épouse de Chabrol, tournent ensemble.

Comme à son habitude, Audran semble inaccessible, même si plus souvent que dans les autres films, son visage s'anime et les larmes coulent.

Je pense au film "La femme infidèle", entre autres.

Quant à Jean Yanne, il incarne tellement bien son personnage qu'il en est bluffant, bien plus en nuances que dans le film "Que la bête meurre".

Je n'en dirai pas plus sous peine de spoiler.

Un film que l'on a plaisir à (re)voir, sorti il y a 55 ans.

La fin du film nous laisse une drôle d'impression, et dans le flou, tout comme Hélène et le brouillard du petit matin qui enveloppe la campagne aux abords du village..




PassionArt7
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le 21 mars 2025

Modifiée

le 20 janv. 2026

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