"Le Boulet" fut un succès en son temps : plus de 3 millions d'entrées, au moment où Benoît Poelvoorde enchaînait les comédies populaires françaises. Pour ma part, je l'ai découvert peu après sa sortie, en location VHS (bon sang que j'ai l'air vieux en écrivant cela...). Je le trouvais déjà lourd à l'époque, j'ai décidé de lui redonner une chance 20 ans plus tard... et c'est pire que dans mes souvenirs.
Je salue les ambitions tout de même. Celles de réaliser une comédie d'action et d'aventure, avec cascades, dépaysement (l'intrigue se déroule en Afrique), poursuites, fusillades, etc. Le tout sur une trame classique : associer artificiellement deux individus que tout oppose.
D'un côté, un caïd évadé de prison (Gérard Lanvin), de l'autre, un maton ahuri (Benoît Poelvoorde). Ils devront faire équipe pour récupérer le ticket de loto gagnant du premier, embarqué (ou pas) par la femme du second. C'est un peu l'esprit de comédies telles que "la Chèvre", tourné ici avec de gros moyens (budget de 25 millions d'euros).
Le hic, c'est que tous les acteurs en font des caisses. La palme revenant à José Garcia en truculent truand turc à la limite de l'insupportable. Mais Lanvin et Poelvoorde ne sont pas en reste. La mise en scène est assez indigeste, et n'est aujourd'hui pas aidée par les nombreux effets numériques qui ont rarement bien vieilli.
Et côté scénario ça ne brille pas non plus. Les dialogues volent bas, les situations se limitent souvent à des insultes et des baffes. Le personnage du maton est d'une stupidité confondante : rien à faire, je n'arrive pas à rire des idiots !
Je retiens quelques idées intéressantes, à peine exploitées. Le garde du corps du méchant qui est un sosie de "Jaws". Ou le fait d'intégrer le film au sein d'un vraie rallye du désert.
Finalement, ce qui me fait le plus rire dans tout ça, c'est le célèbre fou rire qu'ont eu Lanvin et Poelvoorde sur un plateau TV suisse, autour d'une histoire de sushis infects...