Accusé de racisme, un professeur de droit amer et provocateur doit préparer une étudiante d'origine maghrébine à un concours d'éloquence. On aurait pu craindre que "Le Brio" soit success story ultra conventionnelle et bien pensante, heureusement Yvan Attal échappe assez bien à ce piège. Car il s'intéresse moins à cette histoire de concours qu'à la relation entre ses deux protagonistes.
Tous deux, convenablement interprétés, réalisent ainsi qu'ils peuvent beaucoup apporter à l'autre, et déjouent les clichés. L'étudiante n'est pas la caricature issue de la banlieue, même si elle fait preuve d'une certaine agressivité et d'un manque de confiance dans un milieu plus huppé. Le professeur n'est pas un rigoriste raciste, mais plutôt un homme rendu aigri par sa solitude, qui méprise le politiquement correct, et aime provoquer ouvertement à une époque où la susceptibilité est reine.
L'ensemble est porté par un scénario de qualité, sans temps mort, et offrant quelques moments amusants. Et même si le final est relativement prévisible, "Le Brio" reste agréable de bout en bout.