Un des nombreux films tirés de la littérature du sud des États-Unis, celui de Faulkner en l'occurrence, adapté consciencieusement par Martin Ritt, dans l’impossibilité de rendre le style de l'écrivain américain, aussi inadaptable que Proust. Le climat y est, familier, autour d'une ancienne grande famille, en pleine déliquescence. La mise en scène, un brin statique plombe une atmosphère délétère où stagnent un alcoolique, un idiot et une valétudinaire (Françoise Rosay, étonnante), placés sous l'autorité implacable d'un beau-frère autoritaire qui évite l'opprobre à cette tribu névrosée (Yul Brynner, impressionnant, et avec des cheveux). Seul élément rebelle, une jeune fille dont la mère s'est carapatée à sa naissance (Joanne Woodward, excellente). Moiteur sudiste garantie mais peu de bruit et de fureur, étouffés par la bienséance hollywoodienne de l'époque qui dissimule tant bien que mal les aspects les plus honteux (le sexe, par exemple).