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Seul et unique film réalisé par Herk Harvey, "Le Carnaval des Âmes" est un petit bijou à budget réduit d'une période de renouveau pour le cinéma d'horreur. Comme un chaînon entre deux classiques, le film se situe chronologiquement après "Psychose" et la vague de films d'horreur psychologiques et autres adaptations de romans fantomatiques qui marquent le genre à cette époque, et avant "La Nuit des Morts-Vivants", qui participera à l'émergence d'un nouveau type d'horreur, plus brutal et viscéral. Le film marque ainsi un discret tournant dans l'évolution du cinéma d'horreur, dont l'influence se fera sentir sur plusieurs décennies.
Il raconte l'histoire de Mary, une jeune organiste professionnelle qui, à la suite d'un accident de voiture dont elle est la seule rescapée, décide de déménager à Salt Lake City, où un nouveau travail l'attend. Mais des événements étranges commencent à se produire, et une menace semble la poursuivre.
Il fait partie de ces films d'horreur psychologiques qui jouent sur l'ambiguïté de la nature de la menace : est-elle surnaturelle ou simplement imaginée par l'angoisse paranoïaque de la protagoniste ? Derrière cette incertitude se dessine le portrait d'une femme en pleine crise identitaire, dont l'isolement progressif du monde qui l'entoure semble faire basculer ses angoisses les plus profondes dans une réalité de plus en plus difficile à distinguer du cauchemar, remettant jusqu'à sa propre existence en question.
Le réalisateur parvient avec ce film à créer une ambiance parfaitement unique, d'un onirisme surréaliste, sublimée par une photographie somptueuse et une bande originale dont les mélodies d'orgue donnent au film une atmosphère tout à fait spectrale. Dans le rôle-titre, qui représentera la quasi-totalité de sa carrière à l'écran, la fascinante Candace Hilligoss livre une performance hallucinée, très marquante, dans ce cauchemar hypnotique à la frontière du rêve et de la réalité.
Il ne fait aucun doute que le film a exercé une influence majeure sur le cinéma de David Lynch et de George Romero, ainsi que sur plusieurs décennies de cinéma fantastique et horrifique, mais également sur une certaine tradition du thriller psychologique dont "L'Échelle de Jacob" et "Sixième Sens" sont les héritiers. Une œuvre à la fois minimaliste et profondément singulière, dont la puissance tient moins à ce qu'elle raconte qu'à l'étrange sensation qu'elle parvient à faire naître, sous la surface.
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le 14 sept. 2026
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