Ce chant, c'est avant tout celui de dizaines d'oiseaux, communs ou beaucoup plus rares, comme ce Grand Tétras dont il est beaucoup question, un animal devenu quasi-invisible sous nos latitudes. La bande-son mêle avec bonheur ces chants aux autres sons de la forêt, accompagnés souvent d'une musique douce et discrète. Le fil rouge de ce beau documentaire est cette cabane au cœur de la forêt, refuge chaud et réconfortant, qu'on croirait sortie d'un conte de fées, une sorte de havre au sein d'une nature jamais menaçante, ni même inquiétante, mais très mystérieuse, un territoire encore sauvage qu'on ne finit par approcher et comprendre que si l'on en accepte les règles : une nuit entière de veille juste pour entendre le cri d'une chouette, des jours entiers d'affût pour apercevoir quelques minutes le repas d'un lynx ou la traversée d'un étang par une biche et son faon... Pour le spectateur privilégié que nous sommes, il faudra beaucoup moins de temps pour profiter de ces images belles et rares, volées à la nature à force d'une patience infinie et qui témoignent d'un amour passionné de la vie sauvage.