Bonimenteur de fête foraine, Stan devient, au terme d'une longue, très longue première partie au sein de la communauté des forains un voyant à succès dans un cabaret fréquenté par des gogo bourgeois.
Le sujet aurait pu faire une belle œuvre, un intéressant film noir, doublé du portrait original d'un escroc ordinaire. Mais, sans préjudice d'une direction d'acteurs déjà démonstratives qui laisse peu de place à l'ambiguïté, la mise en scène de Goulding n'est pas souvent à la hauteur. Manque de style, manque d'unité et de précision ; elle reflète une approche peu maitrisée et approximative. Le préambule interminable sur le champ de foire, au regard de péripéties relationnelles et de forains pas très vrais, aurait gagné à être réduit.
Car le vrai sujet c'est le passage de Tyrone Power au charlatanisme et sa rencontre avec une distinguée psychologue aux airs de femme fatale (la belle Helen Walker, dans une composition un peu trop accentuée dans la masculinité). Principalement, le portrait de Stan, devenu le grand Stanton, n'est pas assez étayé, pas assez profond pour que Tyrone Power en fasse une figure mémorable.