Vu dans le cadre du jury SensCritique pour le Festival d'Annecy 2020 :
Je n'avais jusqu'ici presque jamais vu de film saoudien (« Wadjda » excepté, pas exactement dans la même catégorie niveau qualité) : j'aurais pu continuer à le faire sans grand problème... Sans aucun doute le pire titre présenté à Annecy, il n'y a quasiment rien à sauver du « Chevalier et la Princesse », véritable ersatz de dessins animés Disney sauce arabe, à l'animation d'une pauvreté insigne et semblant avoir cinquante ans de retard, sans la moindre personnalité de bout en bout, se contentant de narrer platement un récit vu mille fois, peuplé de personnages soit insipides (le héros, la princesse), soit insupportables (les djinns, au secours), soit grotesques (le chef des tyrans).
À ce titre, qu'on puisse en 2019 se complaire à ce point dans une opposition aussi lamentable que les gentils très beaux et les méchants très laids me paraît assez sidérant, mais après tout, cela rentre bien dans la logique pathétiquement simpliste du dessin animé. Bref, alors qu'il y avait une belle occasion d'offrir une aventure orientale sachant s'émanciper des codes habituels, Bashir El Deek préfère s'y vautrer avec la plus grande médiocrité. À fuir !