Ce Choc n'en est pas un si ce n'est pour la rencontre de deux monstres sacrés du cinéma français. Delon et Deneuve. Mais c'est un peu mince.
Delon entre dans cette période des années 80 où il va enchaîner les rôles de flic à l'écran. Et même plus que ça : le justicier solitaire, froid, les sourcils éternellement froncés, le regard bleu acier, inaccessible, seul contre tous, draguant de la midinette de vingt-cinq ans alors qu'il en a cinquante. Ça fera partie de sa légende dira-t-on. D'ailleurs, là, on le voit même complétement à poil sous la douche pour bien montrer qu'aucune femme ne lui résiste et que Delon est encore super bien foutu. Au moins, aussi bien que Belmondo...
Voulant peut-être casser son image d'acteur droitard (comme Eastwood qui tournera Magnum Force où on le voit lutter contre des flics extrémistes), Delon adapte un roman noir de Jean-Patrick Manchette. Un des représentants du polar gauchiste de l'époque avec Frédéric H. Fajardie que Delon choisira aussi pour écrire Parole de flic et Ne réveillez pas un flic qui dort.
Delon ne gardera rien du bouquin. Robin Davis, pourtant réalisateur de l'excellent La Guerre des polices, ne s'entend ni avec Deneuve ni avec son directeur photo Pierre-William Glenn. Delon se mêle de tout. C'est lui qui réalise les scènes où Catherine Deneuve apparaît. Et en parlant de Deneuve, impossible de la prendre au sérieux en éleveuse de dindon, femme de Philippe Léotard qui n'a pas trop dû se forcer dans la peau d'un paysan alcoolique.
Trop d'embûches, un temps de production trop court, font que Le Choc plafonnera à un million et demi d'entrées malgré une campagne de pub agressive et cette affiche où on voit les deux stars et Delon pointant son pistolet face au spectateur.