Noël Durieux (Yves Montand), un ancien truand et sa compagne Nicole (Catherine Deneuve) voient leur vie basculer suite à l'évasion de prison d'un ancien complice et de Mickey (Gérard Depardieu). Suite à un malentendu Mickey pense que Noël l'a vendu aux policiers...
"Le choix des armes" marque la 3ème et dernière collaboration entre Alain Corneau et Yves Montand. Au départ Corneau voulait Lino Ventura qui déclina, à tort, son offre si bien qu'il fit appel à son acteur fétiche. Mais c'est aussi sa première collaboration avec Depardieu. Et c'est intéressant de voir Montand et Catherine Deneuve mariés quelques années après leur excellent duo dans "le sauvage" de Rappeneau. Quant à Depardieu et Deneuve, ils ont beaucoup joué ensemble, surtout à cette période ("Je vous aime" de Claude Berri ou bien sur "Le dernier métro" de François Truffaut). En plus de ce trio on peut voir Michel Galabru (excellent en commissaire), Gérard Lanvin dans un de ses premiers rôles que j'ai trouvé assez moyen en flic roi de la bavure(mon plus grand bémol sur ce film) et Richard Anconina convaincant en ami de Mickey.
C'est le quatrième polar d'affilée pour Alain Corneau. On avait pu sentir des influences américaines comme les Harry avec Clint Eastwood dans "Police Python 357". Ici on sent également qu'il a du voir et adoré les films du maitre Jean-Pierre Melville. On y trouve un peu du "Deuxième Souffle" d'où sans doute le premier choix du cinéaste de vouloir Lino Ventura...
Mais que le spectateur se rassure, Yves Montand est parfait en ancien truand et trouve même à mon avis un de ses meilleurs rôle. Catherine Deneuve est évidemment convaincante même si son rôle est moins intéressant. Quant à Depardieu, il crève l'écran en gangster fou d'autant plus qu'il se montre par moment très tendre et même humain quand il prend sa fille dans ses bras ce qui le rend complexe.
Alain Corneau , qui a coécrit le scénario avec Michel Grisolia (scénariste et romancier à qui l'on doit notamment "Flic ou voyou" pour Lautner ), se sert des relations ambigus et tendus entre ses personnages pour créer une atmosphère avec un suspens constant mais aussi quelques scènes d'action qui rappellent qu'il est un des meilleur réalisateur de polar français...
Ce qui est intéressant est de voir que Noël (Montand) a plus de principe que l'inspecteur Sarlat (Lanvin) qui montre la frontière très mince entre flics et truands, le thème melvillien par excellence.
Alain Corneau confirme son succès (près de 1 million 800 000 entrées) et son talent avec "Le choix des armes" que Depardieu avait surnommé malicieusement "Le charme des oies" ! Sans être, à mon avis, aussi bon que "Police Python" et "Série Noire", "Le choix des armes" mérite d'être (re)découvert parce que c'est un classique du polar français. Je le dis d'autant plus que j'avais un souvenir mitigé de ce film et que je me suis bien régalé en le revoyant....