Un Vernis d'Élégance sur un Vide de Mise en Scène.

  • Ayant découvert ce film il y a bien longtemps à la télévision, j'ai éprouvé le besoin de le visionner à nouveau récemment. C'est ce second regard, enrichi par le passage du temps, qui me permet aujourd'hui de livrer une critique plus nuancée. Ce long-métrage, qui explore les arcanes du développement personnel et des faux-semblants sociaux, s'avère être un exercice périlleux. Si Le Coach ne démérite pas totalement, il s'inscrit dans cette catégorie de films dont on ressort avec un sentiment de "trop peu", justifiant pleinement une note de 5 sur 10, car il oscille sans cesse entre une exécution technique soignée et une certaine paresse scénaristique.
  • ​Le récit repose sur un postulat classique du vaudeville moderne : le contraste entre un mentor charismatique, bien que secrètement aux abois, et un élève maladroit. Si le point de départ est prometteur, le développement manque cruellement d'audace. L'intrigue suit des rails balisés, évitant soigneusement toute prise de risque ou subversion du genre. L’humour, bien que poli et jamais vulgaire, peine à déclencher plus qu'un sourire tant les ressorts comiques semblent datés.
  • ​Le sel du film repose sur une confrontation de tempéraments qui, s'ils ne parviennent pas toujours à l'osmose, offrent une dynamique curieuse. Jean-Paul Rouve livre ici une partition tout en faux-semblants. Il excelle dans ce registre de l'assurance de façade qui se craquelle sous la pression. Il y a chez lui une sorte de préciosité lasse, un dandysme de bureau qui donne à son personnage une épaisseur bienvenue. On sent qu'il s'amuse à incarner ce "génial imposteur", apportant une pointe d'ironie et de fragilité là où le texte se contentait parfois de simples répliques. C’est sans doute lui qui sauve le film de l’anonymat en lui insufflant une âme un peu désenchantée. À ses côtés, Richard Berry semble naviguer à contre-courant. Il y a quelque chose de presque trop rigide dans sa composition de l'homme à transformer. Si son talent est indiscutable, sa partition manque ici de cette souplesse nécessaire à l'autodérision. Le décalage entre le flegme de Rouve et la maladresse un peu forcée de Berry crée un déséquilibre : on observe deux solistes plutôt qu’un véritable duo. Leur collaboration reste plaisante, mais elle manque de ce grain de folie qui transforme une rencontre de plateau en un moment mémorable.
  • ​Derrière la caméra, Olivier Doran déploie une mise en scène fluide, certes, mais qui semble prisonnière d'un confort bourgeois. La réalisation ne cherche jamais à bousculer le spectateur ; elle se contente d'envelopper le récit dans une imagerie feutrée, presque clinique, qui rappelle davantage l'esthétique léchée d'un spot publicitaire que le relief du septième art. La photographie, bien que baignée d'une lumière chaleureuse, manque singulièrement de profondeur. Elle aplatit les perspectives au profit d'une clarté constante, très "plateau de télévision", qui ôte toute part d'ombre ou de mystère aux visages. Quant aux décors, ces bureaux de verre et ces appartements parisiens impeccables, ils finissent par saturer l'espace d'une élégance aseptisée. Ce luxe omniprésent, s'il illustre bien le milieu du coaching de haut vol, finit par installer une froideur émotionnelle : on contemple un bel objet inerte, une vitrine rutilante où l'on aurait oublié d'insuffler un peu de vie ou de désordre.

En conclusion

  • Le Coach est un film qui ne blesse personne, mais qui ne marque personne non plus. C'est un ouvrage de milieu de tableau : le cadre technique est correct, les acteurs font leur métier avec application, mais l'absence de réelle vision d'auteur ou de fulgurances condamne ce projet à l'oubli. Un honnête divertissement, rien de plus.
DirtyVal
5
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le 31 mars 2026

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DirtyVal

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