Le Festival de Cannes a cela d'unique qu'il permet chaque année d'être submergé de félicité par le biais d'un film dont nous ne connaissions absolument rien avant de tenter la projection sur une image ou un simple ressenti.
Pour ma part cette édition 2026 sera marquée à jamais par la découverte de cette pépite animée nommée "Le Corset" de Louis Clichy, vu au cœur du Palais des Festivals en salle Debussy.
Le nom de cette salle (la préférée de Jean-Luc Godard) ne pouvait être plus bel écrin pour accueillir cette œuvre formidable.
Le réalisateur Louis Clichy, iinspiré par sa propre enfance, nous conte l'histoire de Christophe (10 ans) qui vit avec ses parents, son frère et sa sœur dans une exploitation agricole de la Beauce dans les années 80.
Enfance perturbée par des problèmes de santé (importante scoliose) qui l'handicapent, le stigmatisent à l'ecole et font de lui un "bon à rien" (notamment dans les yeux de son père) et vont l'obliger à devoir porter un corset 24h24h.
Pour transcender son récit tragicomique, le cinéaste utilise une animation composée d'aquarelles qui misent bout à bout offrent une fluidité et une beauté esthétique absolument formidable.
La narration sans fausses notes suit l'émancipation du jeune homme dont la contrainte corporelle va servir son évolution et rééquilibrer sa vie autour de l'apprentissage de l'orgue (sublime Requiem de Fauré), et des premiers émois amoureux.
D'une épatante inventivité stylistique le long métrage ne cesse d'alterner les émotions dans une tornade de sens et de poésie qui élèvent nos cœurs, complètement revigorer par une telle sincérité de vie, et déjoue tous les déterminismes.
Résilient. Enthousiasmant. Touchant.