Film yougoslave (très confidentiel en France) de Zika Mitrovic.

En énonçant cela on comprend que l'on a affaire à l'ère Tito : le film est sorti en 1967.


Le film est un polar, une enquête sur la mort d'un chanteur populaire (Alex Kirch), amateur de belles femmes, de luxe et de célébrité. On suit l'enquête menée par deux inspecteurs tenaces pour démasquer le coupable. En effet, un certain nombre de personnes auraient pu légitimement avoir un mobile crédible pour l’assassiner (le musicien qui s’est fait voler son idée, la jeune femme que Kirch avait mise enceinte puis abandonnée, la femme de l’avocat qu’il avait séduite puis laissée, l’avocat lui-même cocufié, le joueur de poker…). Le long métrage parsème de récit de fausses pistes et d’éléments permettant de démasquer le coupable dans les toutes dernières minutes de l’œuvre, uniquement.


Le film a un intérêt modeste sur l'angle scénaristique, mais il constitue un vrai témoignage visuel de l'époque et de l'environnement, dont on sait ce qui lui est advenu (fin de l'ère Tito et éclatement de la Yougoslavie en différent états n'ayant pas forcément des relations des plus cordiales entre-deux).

On notera la maturité du cinéma yougoslave à cette époque qui n’avait rien à envier à ce qui se faisait de mieux en France, en Italie et en Allemagne. Le mode de vie Yougoslave de l’époque est à l’avenant et on le constate dans les scènes d’extérieur et les laboratoires de la PJ.


Techniquement, le montage du film est intéressant dès le début. Une longue séquence de générique et introductive de presque 6 minutes sans dialogue, uniquement sur bande son. C’est une bonne trouvaille.

Le film est ponctué de petites touches d’humour (l’armoire de documents au commissariat) qui allègent le propos et lui donne une touche plus légère.

La bande son (qui elle aussi fleure bon le désuet charmant) nous donne à entendre un peu de yougoslave et des chansons probablement à la mode à l’époque et localement.


On notera quelques erreurs et quelques pratiques de la réalisation tout à fait désuète aujourd'hui mais complètement délicieuses au visionnage

- la conduite de l'actrice qui lâche les mains au volant en baillant (on voit le plan en studio)

- le volant est noir en studio mais est blanc en plan extérieur.

- les bagarres assez peu crédibles mais réalisées avec grande conviction (mais après une bagarre acharnée, les deux protagonistes se retrouvent face à face comme s’ils sortaient d’un salon mondain)…


Au final, un film plaisant, et délicieusement désuet, en noir et blanc, avec des acteurs convaincants et une fenêtre ouverte sur l’art cinématographique et la vie sous l’ère Tito. En revanche, intérêt plus que modeste du scenario lui-même, somme toute assez banal.

Pour ces raisons, j’attribue une note de 6,5 que j’arrondie à 7 pour son témoignage "historique".



IRAn
7
Écrit par

Créée

le 31 août 2026

Critique lue 47 fois

Le Couteau

Le Couteau

8

mk_is_watoo

le 15 août 2026

Suivre

Cluedo chez Tito

Un film absolument inconnu en France, qui n'a qu'une seule critique sur Allociné ainsi que sur SensCritique. Et aussi une sur l'Huma ! C'est un polar en N&B qui comporte certains éléments presque...

Le Couteau

Le Couteau

6

XavierPansier

le 24 juil. 2026

Suivre

un classique film policier

Un film policier Hongrois très classique de l'époque, années 60, à la Française à l'Américaine, en noir et blanc. Le meurtre d'un chanteur de variété Hongrois, tombeur de ces dames, joueur invétéré .

La Lune s'est levée

La Lune s'est levée

7

IRAn

le 29 mars 2026

Suivre

Critique de La Lune s'est levée par IRAn

Un très beau film (un de plus dans les 6 qu'elle a tournés en tant que réalisatrice) de K. Tanaka.Cette femme résolument moderne pour son temps dans le Japon post guerre encore traumatisé et très...

Lissy

Lissy

8

IRAn

le 6 nov. 2025

Suivre

Merveilleuse Lissy

Dans un film parfaitement ciselé, Konrad Wolf, nous montre l'impact de la paupérisation massive de la classe moyenne allemande dans les années 1930 et l'engrenage vers la montée concomitante du...

Chère Louise

Chère Louise

7

IRAn

le 3 avr. 2025

Suivre

Reste démodée, c'est ce que tu as de plus beau ...

Cette réplique du film est d'autant plus vraie en 2025.Le film est ressorti sur Arte. Aimant le jeu et la beauté simple de Jeanne Moreau (mais qui n'aime pas ??) je ne voulais pas rater ce...