Comme beaucoup d'acteurs américains alors sur le déclin, Carroll Baker a poursuivi sa carrière en Italie, où elle a tourné entre pas mal de films, dont des giallos. Celui-ci est assez particulier, car elle joue une femme muette à la suite d'un accident ayant impliqué la mort de ses parents, quinze ans plus tôt. Elle est hébergée par son oncle, qui organise une fête avec sa cousine comme invitée. Elle se fait une joie de la revoir, elle qui est une chanteuse à succès, mais un tueur rôde...
Umberto Lenzi aurait pu marcher sur les pas de Dario Argento en allant sur le giallo pur et dur, mais il s'est mis plusieurs contraintes ; pas de nudité, ni aucun meurtre visible à l'image. Ce qui est presque de l'abstraction dans un tel genre, mais ça passe plutôt bien. Car l'énigme porte non seulement sur l'identité du tueur, qui apparait en vue subjective, mais sur l'histoire, qui est du point de vue de cette femme, Carroll Baker, qui ne s'est même pas embêtée à étudier le langage des signes en quinze ans !
Après, le scénario souffre de plusieurs lourdeurs, avec ces dialogues qui racontent tout ce qu'on voit, mais Lenzi a dû embaucher les gueules les plus patibulaires pour mener à des fausses pistes, à l'image du majordome, qui semble sorti d'une morgue. Quant au fait que Carroll Baker soit muette, on peut prendre ça comme une facilité (si elle est en prise avec le tueur, elle ne peut pas répondre), ou un point du scénario qui aura tout sa signification lors d'un final très réussi, contrairement au reste du film, trop appuyé pour me convaincre totalement.