A peine sorti du tournage de «Joyeuses Pâques» avec Jean-Paul Belmondo, Georges Lautner se voit proposer une nouvelle comédie inspirée par Wolinski. Si la perpective de travailler avec le célèbre dessinateur enchante le réalisateur des «Tontons Flingeurs», il hésite tout de même à accepter. Le producteur lui impose en effet, la présence d’ Aldo Maccione en haut de l’affiche. A cette époque, l’acteur comique italien est plutôt sur la pente descendante, incapable de renouveler son registre de dragueur ridicule. Lautner décide tout de même de relever le défi, pensant pouvoir «en faire autre chose»*.
Pour l’aider dans son entreprise, le cinéaste réuni une galerie de fidèles (Michel Beaune, Henri Guybet, sa mère Renée Saint-Cyr...) mais ce ne sera finalement pas suffisant.
Maccione ne peut s'empêcher de camper son personnage de pitre ringard et annihile toutes les bonnes intentions (scénaristiques et de mise en scène) de Lautner, finissant même par s’autoparodier. Comprenant qu’il ne pourra rien n’y faire (se fâchent au passage avec la production), le réalisateur rend les armes et termine son film tant bien que mal, sans véritable conviction.
Résultat : une véritable catastrophe. Lourdingue et indigne du talent de Lautner, «Le Cow-boy» cumule les mauvais points. Si le scénario particulièrement bancal multiple tout de même de sympathiques clins d’oeil et références, tous les gags tombent à plat. On se lasse très vite des facéties d’un Maccione en totale roue libre, lâché par un Lautner aux abonnés absents qui réalise là un véritable nanar.
Le cinéaste le reconnait lui-même : «Le Cow-Boy est un très, très, très mauvais film, et c’est entièrement de ma faute. J’étais persuadé de m’en sortir avec Maccione et je ne m’en suis pas sorti.»*
Le film parviendra tout de même à attirer plus de 700 000 spectateurs dans les salles.
* Georges Lautner - «On aura tout vu», éditions Flammarion.