Le dernier bus a mis 3 ans à franchir la Manche, alors que le film de Gilles MacKinnon est sorti un peu partout dans le monde, entre temps. Le réalisateur, dont certains se souviendront peut-être de Marrakech Express (1998) raconte là une histoire très sentimentale dont seuls les cœurs de pierre ne saisiront pas l'émotion, hélas un peu forcée, qu'il est censé susciter. C'est un récit de beaux et bons sentiments, reflet d'un amour que seul le temps peut briser et qui oblige un vieil homme à parcourir le chemin inverse du voyage le plus important de sa vie. Le film se déroule en grande partie dans des bus locaux, de la pointe septentrionale de l’Écosse à l'extrémité ouest de l'Angleterre, un périple qui permet des rencontres, des gestes de bienveillance et de générosité ou, plus rarement, des actes de méchanceté. L'hommage au peuple britannique, y compris pour ses immigrés, est perceptible mais le film, avec ses nombreux flashbacks, son faux suspense et sa mise en scène un tantinet fade atteint plus nos glandes lacrymales qu'il ne suscite un pur bonheur cinématographique. Quant à Timothy Spall, omniprésent, avec sa lippe bougonne, il est à la hauteur de son personnage mais sa performance ne saurait égaler celle de Mr. Turner, l'un de ses nombreux rôles parmi les plus marquants.