Un film bien construit, plutôt lent, qui voit un vieux monsieur condamné, se rendre sur la tombe de sa fille à l'autre bout de la Grande Bretagne selon le souhait fait à sa femme récemment décédée. Le tout avec son unique carte de bus et sa vieille valise en carton et en suivant les B&B typiques de ce pays qu'il avait partagé au voyage aller avec sa femme.
La lenteur du film rejoint les difficultés d'évolution de l'âge , on retrouve toutes les situations que l'on peut connaître lorsqu'on voyage en bus: l'intolérance, le racisme, le partage mais également le soutien que l'on peut apporter à une personne inconnue jusqu'alors, par pure bonté, car l'on sait que l'on n'attend rien en retour. Des situations que nous avons tous connues, que nous avons tous gérées avec plus au moins de bonheur. Ce bus est l'allégorie de la vie, de nous autres les citoyens moyens, face à l'adversité. De la naissance à la disparition. On retrouve l'ancien monde policé qui s'affronte au monde plus jeune, actuel et voyeuriste (ah l'intrusion de ces téléphones portables et des réseaux sociaux !), et qui malgré tout arrivent à se rejoindre sans se confronter.
Un film qui fait du bien dans notre monde actuel qui a trop tendance à se débarrasser des vieux. Une belle histoire d'amour aussi, même si le scénario n'est pas original en tous points. Le jeu de Timothy Spall n'a jamais été flagrant, mais ce film fait du bien, nous ouvre les yeux, et l'on en ressort avec des questionnements existentiels. Comme tout bon film devrait nous en faire éprouver au final.