Le Dernier des géants n'est pas un simple western, c'est un film testament poignant, un chant du cygne d'une beauté mélancolique pour le légendaire John Wayne dans son tout dernier rôle. Réalisé avec une sobriété élégante par Don Siegel, le film transcende son genre pour devenir une réflexion universelle sur la dignité face à la mort et la fin d'une époque.

​L'atout majeur du film réside dans la performance de John Wayne. Interprétant le célèbre tireur J.B. Books qui arrive à Carson City en 1901 et apprend qu'il est atteint d'un cancer incurable, Wayne ne fait pas qu'incarner le rôle : il le vit. L'authenticité de sa fatigue et de son regard, lui-même luttant contre la maladie, confère une profondeur et une sincérité dévastatrices à Books.

Le film utilise cette résonance tragique pour explorer le thème du crépuscule : celui de l'homme, celui du héros, et celui du Far West. En 1901, les automobiles remplacent les chevaux et la légende est un titre de journal. Books, avec son code d'honneur d'une autre époque, est un anachronisme magnifique cherchant à choisir sa propre fin.

Une Direction Maîtrisée : ​Don Siegel choisit un rythme lent et contemplatif, privilégiant l'introspection et les dialogues sur l'action pure. Cette approche est parfaitement justifiée, installant une ambiance de veillée funèbre. Les scènes clés, comme la consultation médicale avec James Stewart ou les échanges empreints de tension et de respect avec Lauren Bacall (dans le rôle de l'hôtesse Mrs. Rogers), sont magnifiquement ciselées.

​La conclusion, un dernier duel choisi par Books pour mourir en accord avec ses principes, est à la fois inévitable et déchirante.

Les Réserves : Bien que puissant, le film présente quelques faiblesses qui l'empêchent d'atteindre la perfection. Le personnage de Gillom Rogers (Ron Howard), le jeune admirateur et disciple, est parfois moins développéque souhaité, ne réussissant pas toujours à incarner pleinement le "passage de flambeau" de l'héritage. De plus, pour ceux qui attendent un western d'action classique, le rythme mesuré et l'accent mis sur le drame humain pourraient sembler frustrants.

​Conclusion

​Le Dernier des géants est un western essentiel, non pas pour ses fusillades, mais pour sa force émotionnelle et son statut d'adieu cinématographique. Il offre à John Wayne l'un des rôles les plus poignants de sa carrière et demeure une réflexion digne et mémorable sur la fin de l'héroïsme et la nécessité d'une mort choisie.

DirtyVal
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le 19 oct. 2025

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DirtyVal

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