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le 28 sept. 2019
SuivreLe seul bon point à attribuer à l’adaptation de la pièce de Feydeau par Jalil Lespert réside dans son casting, seul à s’amuser des dialogues qu’il débite à toute allure et des situations d’adultère qu’il cause et traverse : mention spéciale à Ahmed Sylla, inattendu dans le rôle d’Ernest Rédiop et qui réussit – certainement parce qu’il mène en parallèle une carrière dans le stand-up – à incarner un personnage suranné avec suffisamment de naturel et de second degré mêlés pour faire illusion. Guillaume Gallienne retrouve un rôle qu’il avait déjà interprété sur les planches mais souffre, devant la caméra, d’un sur-jeu résultat d’une mauvaise direction artistique.
On a l’impression que seule a prévalu l’idée d’adapter Le Dindon sans penser préalablement sa médiation par le cinéma : pourquoi cette pièce en 2019 ? pourquoi le grand écran ? pourquoi avoir déplacé l’intrigue dans les années 60 ? Toutes ces questions ne se résolvent pas à la vue du film qui ne réussit ni à mettre en scène du théâtre ni à adapter une pièce au cinéma. Ça crie, ça gesticule. Le montage coupe, suture, raccorde comme il le peut. La composition musicale signée Ludovic Bource enveloppe l’ensemble d’une nappe vintage réussie mais trop envahissante, si bien que se superposent des couches artistiques autonomes qui jamais ne se croisent, qui jamais ne s’alimentent : la reconstitution historique d’un côté, les acteurs de l’autre avec, au milieu, une mise en scène hachée et, au-dessus, une musique instrumentale excessive.
En dépit de quelques scènes réussies – dues en partie au texte de Feydeau –, Le Dindon élevage 2019 n’est pas à la hauteur de la pièce qu’il adapte et ne tire du changement d’époque aucune puissance dramatique ; au contraire, rarement Feydeau aura paru aussi vieillot que transposé de la sorte dans les années 60.
Créée
le 30 janv. 2020
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