Soyons clairs, "Beverly Hills Cop" ne se distingue pas en tant que polar captivant au scénario ingénieux : de ce côté-là, le film n'a guère d'intérêt, puisque l'intrigue se révèle linéaire et sans surprise.
Heureusement, la force de ce grand classique des eighties réside ailleurs : dans l'écriture de personnages attachants, incarnés par des comédiens qui ne le sont pas moins, à commencer par Eddie Murphy et sa grande gueule légendaire.
Autour de la star afro-américaine, on retrouve une tripotée de seconds rôles sympathiques, à l'image de l'équipe de flics californiens qui entretiennent une relation ambigüe avec Axel Foley, cherchant d'abord à le renvoyer chez lui à Detroit, puis à lui filer un coup de main dans un second temps. Il y a là l'intransigeant chef Bogomil (Ronny Cox), l'ombrageux sergent Taggart (John Ashton), toujours flanqué de son partenaire et subordonné, le jeune inspecteur Billy Rosewood (Judge Reinhold), qui rêve d'action comme à la télé et sera le premier à suivre le héros dans ses plans délirants.
Parmi les trognes improbables qui jalonnent "Beverly Hills Cop", citons également le vilain Steven Berkoff et son homme de main au regard vide (Jonathan Banks), mais aussi James Russo, Bronson Pinchot ou encore Gilbert R. Hill : autant de seconds couteaux qui incarnent le rôle de leur vie dans ce film au succès colossal. Même constat pour la jolie blondinette Lisa Eilbacher, dont on n'entendra plus jamais parler par la suite.
N'empêche, on prend beaucoup de plaisir à suivre cette comédie policière, qui inspirera de la nostalgie à tous ceux qui ont vécu en direct ces folles années 80. La bande originale du film y est pour beaucoup : entre le célébrissime thème signé Harold Faltermeyer et les tubes FM qui ponctuent "Beverly Hills Cop", on se laisse vite embarquer dans cette ambiance eighties.
A noter que le film a plutôt bien vieilli visuellement, preuve que la mise en scène fonctionnelle mais dynamique de Martin Brest est à mettre au crédit de ce divertissement efficace, qui comptera deux suites inégales, signées Tony Scott puis John Landis.