Si le succès, l'année précédente, du Professeur Foldingue lui aura, durant un temps, redonné un coup de fouet, il faut reconnaître que la carrière d'Eddie Murphy stagne sérieusement depuis le début des années 90 et les échecs de 48 heures de plus et des Nuits de Harlem, l'unique film qu'il a réalisé.


En France, on nous a vendu Le Flic de San Francisco comme un éventuel quatrième épisode du Flic de Beverly Hills là où le titre américain, "Metro", était nettement moins ambigu. En effet, là où Axel Foley, et par extension Eddie Murphy, symbolisent la tchatche, la gouaille, la magouille pour parvenir à ses fins, ce flic de San Francisco (qui pourrait être d'un autre coin des Etats-Unis, la ville n'étant mentionnée nulle part et n'a aucun rapport avec l'intrigue) respecte les procédures en matière de négociation lors d'une prise d'otage et ne fait preuve d'aucun humour.


Ici où là, Murphy peut se remettre à cabotiner comme durant les scènes intimistes avec sa fiancée. Le naturel revenant au galop. Mais j'insiste. Le Flic de San Francisco est un vrai film policier tout à fait sérieux, typiquement 90's avec ses courses-poursuites interminables, son méchant increvable (même après un carambolage et plusieurs tonneaux), et ses rebondissements téléphonés.


Le film aura été un échec. Un de plus dans la carrière d'Eddie Murphy dans les années 90. Pour un budget de cinquante-cinq millions de dollars, il en aura rapporté trente-deux. Est-ce que le public souhaitait voir Murphy dans ce type de rôle ? Est-ce que Murphy s'est senti à l'aise dans la peau de ce flic assez éloigné d'Axel Foley comme il avait été bizarre de le voir en vampire dans Un vampire à Brooklyn ? Est-ce qu'il fallait mettre un débutant, Thomas Carter, derrière la caméra pour gérer une star qui aime tout maîtriser sur un film ?


J'essaie d'expliquer les mauvaises critiques et l'échec du film. Pour ma part, je l'ai dit, je trouve que c'est un bon polar de son époque, la fin d'une époque d'ailleurs puisqu'on est en 1997, et que j'ai juste été surpris de voir Eddie Murphy un peu (beaucoup) moins agité qu'à l'ordinaire.

Incertitudes
7
Écrit par

Créée

le 19 août 2015

Critique lue 713 fois

Incertitudes

Écrit par

Critique lue 713 fois

2

D'autres avis sur Le Flic de San Francisco

Le Flic de San Francisco

Le Flic de San Francisco

8

CeeSnipes

1911 critiques

Plus sérieux qu'à l'accoutumée

En 1997, Eddie Murphy fait encore des films R-Rated pour son fidèle public qui l’a suivi depuis sa première apparition au cinéma dans le très bon 48 Heures de Walter Hill. Metro, premier...

le 25 mars 2013

Le Flic de San Francisco

Le Flic de San Francisco

7

Incertitudes

2300 critiques

Critique de Le Flic de San Francisco par Incertitudes

Si le succès, l'année précédente, du Professeur Foldingue lui aura, durant un temps, redonné un coup de fouet, il faut reconnaître que la carrière d'Eddie Murphy stagne sérieusement depuis le début...

le 19 août 2015

Le Flic de San Francisco

Le Flic de San Francisco

4

inspecteurmorvandieu

4398 critiques

Critique de Le Flic de San Francisco par inspecteurmorvandieu

C'est un pur produit de série dont le scénario copie tout ce qui se fait dans le polar américain contemporain : un prologue indépendant de l'intrigue à venir, histoire de faire les présentations avec...

le 24 juil. 2025

Du même critique

L.627

L.627

9

Incertitudes

2300 critiques

Critique de L.627 par Incertitudes

L 627 est un film de Bertrand Tavernier qu'il a coécrit avec Michel Alexandre, ancien flic et qui a collaboré par la suite avec André Téchiné pour Les Voleurs et Le Cousin de Alain Corneau. Ce film...

le 28 févr. 2014

Les Tontons flingueurs

Les Tontons flingueurs

10

Incertitudes

2300 critiques

Critique de Les Tontons flingueurs par Incertitudes

Les Tontons flingueurs marquent la première collaboration entre Lautner et le dialoguiste Michel Audiard et le début d'une trilogie qui s'est poursuivie avec Les Barbouzes et Ne nous fâchons pas. Il...

le 23 nov. 2013

Heureux qui comme Ulysse...

Heureux qui comme Ulysse...

8

Incertitudes

2300 critiques

Critique de Heureux qui comme Ulysse... par Incertitudes

Lorsque Fernandel tourne ce film, il n'a plus tourné depuis deux ans. Il se dit marqué par le décès de son copain Bourvil. Vous l'avez deviné, on n'est pas ici dans la grosse comédie. Le comique...

le 11 janv. 2015