Le Fossé de Wang Bing tente la très étrange dichotomie de filmer de manière naturaliste voir "documentaristique" la terrible réalité d'une famine touchant un camp de rééducation politique chinois (laogai) tout en y insufflant un esthétisme propre au cinéma, exploitant le décor grandiose du désert de Gobi, dans lequel se situe le métrage.
Il en ressort une œuvre hybride, violente et sans concession, à mon sens gâchée par trop de pathos et de violence cinématographique, qui, nuit à l'impact émotionnel qu'aurait permis plus de sobriété dans la réalisation.
Je pense surtout à la séquence dans laquelle la femme d'un prisonnier apprend la mort de son marie en seconde partie de film. La séquence est très longue et on se retrouve à plus détester le film que la violence dénoncée...
C'est par contre dans ses moments de flottement plus calmes et froids que Le Fossé brille réellement et mérite son visionnage.