Paul Newman incarne Billy The Kid, bandit légendaire de l’Ouest. Sauf que « The Left Handed Gun » se présente comme une relecture du mythe autour du bandit… et du western en général. Ainsi, Billy n’est qu’un jeune homme paumé, marqué par le meurtre du mentor qui lui avait donné sa chance. Son immaturité, son désir de vengeance, et son côté auto-destructeur, feront de lui un criminel gamin, monté en épingle par les médias.
Une vision intéressante, d’autant plus qu’elle tranche avec les classiques du western de l’époque. Par exemple, ici rares sont les duels conventionnels, courants sont les coups tordus et exécutions sommaires ! Mais il est aujourd’hui difficile d’apprécier ces éléments, car le jeu d’acteur est très théâtral. Plusieurs personnages en font des caisses, en particulier le gang de Billy, qui insiste sur l’aspect immature jusqu’à un point parfois absurde (la scène de la bataille de farine avec l’armée…).
Quant à Paul Newman, il est comme toujours très talentueux, et exprime avec beaucoup d’intensité les tourments d’un jeune homme qui semble perdu, tel un petit garçon dans un monde de brutes, excédé par cet univers qui l’écrase. Une prestation que n’aurait pas reniée James Dean ! Le souci est que Newman est un peu trop vieux pour ce rôle (plus de 30 ans, quand Billy the Kid est mort à 21 ans). Il compense la différence d’âge en renforçant à l’extrême une insolence et une immaturité, qui finissent pas rendre le personnage peu attachant.
Néanmoins, pour son premier film, Arthur Penn livre une œuvre soignée visuellement, qui anticipe les autres westerns sombres que le réalisateur tournera.