Ce gamin n'y voyait pas à mal.
William Bonney est un jeune cow-boy un brun idéaliste, sans doute plein de bonne volonté et soucieux de faire oublier son passé ombrageux. L'introduction du film est en ce sens exemplaire et dresse le portrait de cet antihéros dont, à l'instar de son ami Pat Garrett, nous ne parviendrons jamais à lui en vouloir tout au long du récit, malgré les erreurs de jugement répétés et les coups de sang incontrôlés.
Faut dire qu'il est plein de fougue, de désir d'absolu et de soif d'apprendre, le gamin.
Ce trait est particulièrement évident lorsqu'il rencontre ce fermier anglais qui, lui faisant confiance, aurait pu ne pas être loin de le désarmer, au sens littéral du terme.
Son seul problème, Billy, c'est qu'il n'a jamais la moindre pensée pour le coup d'après. Ses décisions, il les suit jusqu'au bout, en ayant pour seul prisme un idéal personnel qui n'a d'autre horizon que le repos de l'âme d'avoir suivi son chemin jusqu'à son terme. Fusse-t-il funeste. Car ça, il ne l'envisage visiblement pas.
Finalement, le tragique de ce destin ne tient pas tant dans le devenir des ennemis qu'il se crée mais bien dans l'abandon total dans lequel il se se trouve au terme d'une trajectoire fulgurante et sanglante. Tous ceux qui l'aiment ou l'ont aimé mourront par sa faute ou devront se détourner de lui de la manière la plus brutale. Les blessures qu'il inflige à ses proches ne sont pas le fruit d'une volonté mais bien de son esprit frustre et simple. De cette impossibilité d'envisager les conséquences de ses actes pour lui mais aussi pour ceux qui tiennent à lui.
Ce refus de voir plus loin que le bout de sa volonté urgente, elle est particulièrement et superbement mis en image dans cette scène finale pendant laquelle il apporte le déchirement au sein d'un couple qui a toujours été là pour lui... avant de se faire tuer par le dernier ami qui lui reste.
James Dean devait incarner ce Billy the Kid ombrageux et fruste, et à la suite de son décès, Newman pris le relais. On ne peut pas s'en plaindre, tant il incarne parfaitement le personnage.
Arthur Penn signe un premier film magistral, âpre, glaçant malgré la chaleur permanente du nouveau-mexique.
Après un premier coup aussi magistral, il a dû faire d'autre bons films, non ?