Après Les Nouveaux Barbares (1983) de Enzo G. Castellari et 2072 Les Mercenaires du Futur (1984) de Lucio Fulci, parlons aujourd’hui d’un autre représentant de cette vague de post-apo qui a vu le jour en Italie après le succès du Mad Max 2 de George Miller et qui a eu droit à une sortie blu-ray en France grâce à l’éditeur un peu fou Pulse Video. Je vous présente donc Le Gladiateur du Futur, sorti en 1983, d’un certain Steven Benson, pseudo américanisé derrière lequel se cache en fait ce bon vieux Joe D’Amato qui entre un boulard, un film de fantasy et une bobine horrifique, s’est lui aussi engouffré dans ce sous-genre cinématographique tant apprécié des amateurs de nanars. Ce n’est pas sa seule tentative puisque, la même année, il met en boite 2020 Texas Gladiators avec plusieurs acteurs qu’on retrouvera d’ailleurs dans le film du jour. Alors c’est sans doute parce que, qu’il soit américain, italien ou philippin, j’adore le post-apo fauché, mais on passe un bon petit moment très fun devant Le Gladiateur du Futur.


Le film s’ouvre sur une explosion nucléaire en guise de générique d’introduction, générique dans lequel on constate que D’Amato n’est pas le seul à avoir américanisé son nom. Puis le scénario nous parle d’un jeu télé, le Jeu de la Mort, étonnement repris 3 ans plus tard par le Running Man (1987) de Paul Michael Glaser. « Tels les gladiateurs antiques, les combattants vont se mesurer dans une course mortelle ». Cette course mortelle est diffusée à la télévision donc, commentée en direct, le tout entrecoupé de publicités pour le sponsor de l’émission, Life Plus, la pastille énergétique. A partir de là, on va être dans un jeu du chat et de la souris dans lequel chasseurs et chassé tentent de s’entretuer afin qu’il ne reste qu’un seul camp en vie. A la demi-heure, le jeu se stoppe, car il y a un vainqueur, et à partir de là, notre héros va se voir affublé d’une nouvelle mission, celle de sauver un peuple télépathe d’une méchante organisation aux forts relents nazillons qui cherche à les exterminer. Il va former un petit groupe hétéroclite de 4 personnes et, ensembles, ils vont escorter, comme d’un seul homme, un camion rempli de mutants télépathes qui veulent fuir. Le Gladiateur du Futur, c’est le genre de film qu’il faut regarder en ayant conscience de ce qu’on s’apprête à voir et il ne faut clairement pas commencer à se poser de questions. Pourquoi les participants ont tendance à faire de longs combats au corps à corps alors qu’ils ont des armes à feu ? Comment tombent-ils si vite sur leur proie alors qu’une demi-heure d’avance lui a été donnée ? Pourquoi je regarde ce film ? Tant de questions auxquelles il ne sert à rien d’essayer d’amener des réponses. Le Gladiateur du Futur s’éloigne beaucoup du Mad Max 2, même si on y retrouve malgré tout par exemple les véhicules customisés ou un camion qu’il faudra protéger. Ici on a droit à un asiatique qui fait du kung fu, des militaires déguisés comme au Carnaval, un barbare plus proche de Bud Spencer que de Conan, des maquillages que n’aurait pas renié le groupe Kiss, cinq soldats « nazis » qui meurent avec juste 2 balles de tirées, des mutants régressifs (des humains qui deviennent petit à petit des animaux), une communauté de moines aveugles encapuchonnés…


Malgré le budget très limité, le film n’est pas honteux visuellement parlant. Certes, les décors sont très basiques pour du post-apo, avec des bâtiments abandonnés essentiellement, parfois quelques paysages désolés, mais la photographie du film sait parfois leur donner un look particulier, avec même de très jolis plans où la brume / fumée et les halos lumineux seront de mise, et des jeux d’ombre et de lumières clairement pas honteux. L’aspect très grisâtre de l’ensemble, parfois avec des éclairages légèrement bleutés, colle parfaitement à l’ambiance du film. On y retrouve un casting de gueules habituées du cinéma bis italien de cette époque, mais le jeu d’acteur est souvent cataclysmique, tantôt sans entrain (le héros), tantôt dans l’exagération (George Eastman), parfois façon plante verte (la belle Laura Gemser), mais toujours pour le plus grand plus grand plaisir du nanardeur amateur de ce genre d’objet filmique. Les scènes d’action, à défaut d’être réussies, sont très funs, se résolvant parfois à grands coups de grenades explosives et de chargeurs de mitrailleuses vidés. Dans Le Gladiateur du Futur, on ne frappe pas avant d’entrer et on défonce des portes avec des motos ; on fait des headshots en lançant des haches en simili latex ; on masque les figurants lors des combats afin de pouvoir les réutiliser dans la scène d’action suivante ; on se fait mal au cul parce qu’on a enlevé les amortisseurs des voitures customisées afin qu’elles soient plus basses ; on fait mal le mort ; un gang de mutants à motos est dirigé par un chef mi-homme, mi-poisson, et re mi-homme derrière, qui est accompagné par deux demoiselles aux boobs à l’air ; une demoiselle se fait violer par un homme-poisson aux allures de Drax des Gardiens de la Galaxie ; il y a un véhicule soulevé du sol et une mitraillette qui tire seule grâce à la télépathie. Oui, c’est tout ça Le Gladiateur du Futur, et l’amateur de nanar rigolera beaucoup. Et puis quelque part, c’est tellement généreux que c’est difficile de ne pas être un minimum conquis par la proposition.


Le Gladiateur du Futur, c’est du post-apo italien fauché qui n’hésite pas à partir dans sa propre direction et qui s’avère franchement fun. Joe D’Amato s’amuse, nous avec lui, et si vous aimez le genre, vous passerez un bon moment.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-le-gladiateur-du-futur-de-joe-damato-1983/

cherycok
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le 29 juin 2025

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