Variation autour du même thème narratif exposé dans Printemps tardif (1949) et Fin d'automne (1960), Le Goût du saké dessine avec subtilité l'entrelacs des relations qu’entretient un père veuf avec ses enfants, alors que se profile pour lui la morne existence d'un vieillard solitaire. Portrait réaliste d'une époque de transition, qui voit poindre le déclin des valeurs de la société traditionnelle et l'intrusion de pratiques occidentales (le base-ball, les hamburger) Le Goût du saké constitue surtout un bel objet cinématographique (plans fixes parfaits, à hauteur d'homme et dépouillés de tout artifice, couleurs chaudes, jeu simple et sans emphase des acteurs), empreint d'une douce mélancolie, dans lequel Ozu nous confronte à la solitude, au temps qui passe et à l'impermanence des choses.