3
le 25 juin 2025
SuivreUn Ticket pour l’espèce
Tout simplement noir (2020) était politique par sa façon de traiter de sujets complexes avec la banalité du quotidien, son esthétique du sketch favorisant la spontanéité et la succession de pièces...
Avec ses 18 millions de budget (merci Netflix) qui lui assure des effets numériques plus que propres, avec son humour politiquement incorrect, avec un passif des comédies spatiales françaises pas toujours flamboyantes (on se rappellera toujours d'Un ticket pour l'espace...), on voulait l'aimer, ce Grand Déplacement. Malheureusement, si son concept fort (créer une équipe d'astronautes africains, pour mieux tacler sévèrement - et avec amour - le continent Africain au travers de ses défauts) arrive à tenir la première partie, on sent vers les deux-tiers du film que le scénario s'essouffle, n'a plus d'idées, alors il meuble avec beaucoup de dialogues entre deux personnages enfermés dans une pièce, et une fin qui a des goûts de non-abouti (ça s'arrête juste quand il commence à se passer quelque chose). Les personnages sont également le point noir (sans mauvais jeu de mots) du film, étant écrits sur un coin de table, sans caractérisations, et parfois carrément inutiles (l'astronaute restée au sol ne sert à rien, idem la coéquipière de la commandante n'a aucun grand moment - on a redécouvert qu'elle existait lorsqu'ils se réunissent tous à la fin - et le personnage du psy est creux comme pas possible). On aurait resserré le nombre de personnages de moitié, en donnant par exemple le running-gag de la couleur de peau "trop claire" à Reda Kateb et le gag du racisme "anti-tous" à un des autres (puisque le psy ne sert qu'à ces deux gags ponctuels, ce qui est très dispensable dilué sur 1h20), le film aurait été plus percutant. A cette impression flagrante de voir des demi-rôles, on opposera quand même le gag de "la direction vers la Mecque" qui est assez drôle (Kateb est vraiment un super acteur), quelques répliques immorales qui font sourire rapidement, et une beauté d'effets spéciaux qui justifie le budget colossal. Mais avec cette démesure de moyens, et l'infime partie de curieux à s'être rendue en salles, il est facile de parler déjà de flop intersidéral (l'exploitation en plateforme sauvera les meubles), ce qui est toujours dommage quand un réalisateur a l'audace de s'attaquer à de la SF française et du politiquement incorrect (même si le résultat est bancal). La première partie est plutôt entraînante, mais dès que les astronautes sont dans l'espace, le film ne sait plus trop comment faire avancer sa fusée, et elle cahote maladroitement jusqu'au générique de fin.
Créée
le 3 juil. 2025
Critique lue 43 fois
3
le 25 juin 2025
SuivreTout simplement noir (2020) était politique par sa façon de traiter de sujets complexes avec la banalité du quotidien, son esthétique du sketch favorisant la spontanéité et la succession de pièces...
9
le 5 juil. 2025
SuivreSi on ne devait juger que par le point de vue de l'industrie, ce film est un tour de force : une comédie grand public avec un casting intégralement racisé à l'affiche, dans le cinéma français, ça...
4
le 25 juin 2025
SuivreSur le papier, l’idée avait de quoi séduire : une mission spatiale africaine pour affirmer l’indépendance du continent, conquérir une nouvelle planète, et offrir un avenir tranquille loin des grandes...
9
le 29 mai 2022
SuivreLukas Dhont a vraiment l'art de choisir ses vedettes principales, on l'avait remarqué avec Girl (dont Victor Polster était l'âme pure), et ce Close nous le confirme avec ce jeune Eden Dambrine qui...
9
le 28 mai 2024
SuivreOn sortait de plusieurs drames "qualitatifs mais pompeux" (on va le dire poliment) dans ce Festival de Cannes 2024, alors quand vous vous asseyez en bout de rangée (Team Last Minutes), et que le papy...
7
le 29 juil. 2021
SuivreUn Wes Anderson qui reste égal à l'inventivité folle, au casting hallucinatoire et à l'esthétique (comme toujours) brillante de son auteur, mais qui, on l'avoue, restera certainement mineur dans sa...