Avec ses 18 millions de budget (merci Netflix) qui lui assure des effets numériques plus que propres, avec son humour politiquement incorrect, avec un passif des comédies spatiales françaises pas toujours flamboyantes (on se rappellera toujours d'Un ticket pour l'espace...), on voulait l'aimer, ce Grand Déplacement. Malheureusement, si son concept fort (créer une équipe d'astronautes africains, pour mieux tacler sévèrement - et avec amour - le continent Africain au travers de ses défauts) arrive à tenir la première partie, on sent vers les deux-tiers du film que le scénario s'essouffle, n'a plus d'idées, alors il meuble avec beaucoup de dialogues entre deux personnages enfermés dans une pièce, et une fin qui a des goûts de non-abouti (ça s'arrête juste quand il commence à se passer quelque chose). Les personnages sont également le point noir (sans mauvais jeu de mots) du film, étant écrits sur un coin de table, sans caractérisations, et parfois carrément inutiles (l'astronaute restée au sol ne sert à rien, idem la coéquipière de la commandante n'a aucun grand moment - on a redécouvert qu'elle existait lorsqu'ils se réunissent tous à la fin - et le personnage du psy est creux comme pas possible). On aurait resserré le nombre de personnages de moitié, en donnant par exemple le running-gag de la couleur de peau "trop claire" à Reda Kateb et le gag du racisme "anti-tous" à un des autres (puisque le psy ne sert qu'à ces deux gags ponctuels, ce qui est très dispensable dilué sur 1h20), le film aurait été plus percutant. A cette impression flagrante de voir des demi-rôles, on opposera quand même le gag de "la direction vers la Mecque" qui est assez drôle (Kateb est vraiment un super acteur), quelques répliques immorales qui font sourire rapidement, et une beauté d'effets spéciaux qui justifie le budget colossal. Mais avec cette démesure de moyens, et l'infime partie de curieux à s'être rendue en salles, il est facile de parler déjà de flop intersidéral (l'exploitation en plateforme sauvera les meubles), ce qui est toujours dommage quand un réalisateur a l'audace de s'attaquer à de la SF française et du politiquement incorrect (même si le résultat est bancal). La première partie est plutôt entraînante, mais dès que les astronautes sont dans l'espace, le film ne sait plus trop comment faire avancer sa fusée, et elle cahote maladroitement jusqu'au générique de fin.

Aude_L
4
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le 3 juil. 2025

Critique lue 43 fois

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