La comédie française est un genre moribond, exploitant ad nauseum les mêmes thématiques et comédiens depuis des années, les réalisateurs étant régulièrement contraints de servir la soupe à leurs interprètes. Après avoir accédé à la reconnaissance grâce à son césar en 2020 avec Tout simplement noir, Jean Pascal Zadi arborait un côté rafraichissant de par son débit et ses textes et si Le grand déplacement m’a dans un premier temps fait envie, les retours m’ont eux bien refroidis. Finalement qu’en est-il ?
Le genre comédie spatiale a déjà été tenté par Un ticket pour l’espace, oeuvre de sinistre mémoire avec Kad et Olivier, et dans les mains d’un Zadi motivé on pouvait attendre un résultat intéressant, jouant sur les chichés et idées préconçues avec sa verve habituelle en traitant cette histoire d’équipage uniquement africains en recherche d’une nouvelle terre. Mais rien n’y fait. Si la courte durée de l’ensemble (1h20) empêche l’ennui de s’installer, tout semble convenu. Techniquement le faible budget ne se fait pas ressentir, car si on n’est loin d’Interstellar, il faut saluer la bonne tenue technique de l’ensemble. Est-ce là l’origine de l’absence d’un développement quelconque? Les personnages, unidimensionnels et caricaturaux, n’ont que peu d’évolution et ne semblent, tout comme le récit, aller nulle part ce qui, il faut bien l’avouer, est un comble pour un scénario de voyage dans l’espace. Les blagues sont attendues et rarement drôles, pouvant tirer un sourire une fois, mais leur répétition a un côté vain, avec la voix de l’ordinateur de bord caricaturant une africaine ou un robot évoquant celui du film de Nolan mais version Eric Judor. Les thèmes ne sont pas développés tout reste en surface. Tel personnage se veut pondéré mais est finalement plus extrémistes que ses « ennemis », tel autre ne veut pas être la caricature qu’il est pourtant devenu... Tout ressemble à un disque rayé, à tel point qu’on ne sait pas où voulait réellement aller l’auteur tant tout devient aussi pénible qu’un discours inlassablement ressassé.
Niveau réalisation on reste dans le banal, rien ne ressort réellement. Les acteurs restent pour la plupart dans leur zone de confort, Zadi et Judor devenant même franchement lourds malgré toute l’affection que j’ai pour eux. Seul Reda Kateb sort du lot malgré la répétitivité des gags qui lui sont attribués. Je retiendrai tout de même une partie du final, la légende étant préférée à la réalité histoire de mettre en avant l’entraide, car honnêtement même ce qui précède sort de nulle part, je n’ai pas envie de rester sur un note négative.
Au final, Le grand déplacement a été pour moi une immense déception matinée d’incompréhension. Ont-ils vu trop grand pour un format trop petit ? N’avaient ils simplement pas les épaules ? Je me garderai d’avantage de jugement, le plus triste étant que quelques heures à peine sa vision j’ai déjà quasiment oublié le film.