Le jour le plus long, c'est un grand classique du film de guerre, mais j'avoue que je ne suis pas le bon public pour ça.
Trois réalisateurs, manifestement réunis sous l'égide de Zanuck, ont été nécessaires pour tourner cette fresque grandiose du débarquement. Et grandiose, elle l'est, indéniablement. Alors quel est le problème, me direz-vous?
Cela commence par une introduction nous présentant différents personnages, avec leur nom et leur fonction s'affichant en sous-titre, pourquoi pas. Et puis vient le plan d'un drapeau nazi, avec la célèbre ouverture de la Vème de Beethoven en accompagnement. Et là, plus de doute : ce sera donc pompier, et assumé.
Pour le côté contre, c'est une succession de scènes, dont certaines sont particulièrement inspirées, mais quand même, cela ne raconte pas une histoire : à trop vouloir brasser large, on perd de vue le côté humain, et l'ensemble acquiert un côté désincarné.
Pour le côté pour, il y a le côté grandiose de la reconstitution, et l'amusement de voir le grand nombre de stars qui parfois, n'ont qu'une scène, il faut bien de la place pour tout le monde. Il y a cette scène exceptionnelle où un général allemand commente : "nous avons perdu la guerre à cause d'un somnifère", ou quelque chose d'approchant. Et il y a d'autres fulgurances, bien heureusement.
Dans l'ensemble je n'ai pas détesté, mais je ne suis pas le client pour ce genre de réalisation. J'ai vu par exemple Paris brûle-t-il? de René Clément qui reprend très clairement la recette avec le casting le plus démesuré, peut-être, de toute l'histoire du cinéma, et je n'avais vraiment pas aimé. Si le côté spectaculaire de la reconstitution historique vous suffit, alors vous allez adorer Le jour le plus long, comme presque tout le monde.