Un excellent Polanski, un peu dans la continuité thématique de son "Rosemary's Baby" sorti 8 ans plus tôt, celle de l'appartement maudit. Le film raconte l'histoire de Trelkovsky, un homme timide et un peu farouche qui suite à son nouvel emménagement va apprendre que l'ancienne occupante s'était suicidée en se jetant par la fenêtre, il commence a soupçonner le voisinage d'en être à l'origine et va se retrouver très vite harcelé.
Polanski signe là un thriller kafkaïen à l'atmosphère lourde et oppressante où l'austérité des décors nous rend presque mal à l'aise, les personnages sont très bien élaborés, la qualité de mise en scène est parfaite (cependant le fait de tourner une majeure partie du film en anglais pour redoubler en français alors que l'action se déroule en France j'ai trouvé ça un peu bizarre, même si je me doute que c'est pour un soucis de distribution). Le réalisateur se met lui même en scène et démontre son talent d'interprétation, le reste du casting se porte très bien avec notamment une malicieuse Isabelle Adjani et quelques figurants de la célèbre troupe du Splendid.
La tension monte crescendo et les enjeux du scénario se montrent de plus en plus évidents, le personnage de Trelkovsky est tiraillé de part en part, son entourage veut selon lui le faire disparaître, l'emmenant tout droit aux frontières de la démence et de la paranoïa schizophrénique. La fin est vraiment excellente autant scénaristiquement que symboliquement, le tout reste très malin et nous force à nous questionner sur cette descente aux enfers interminable.
"Le Locataire" se place parmi les meilleurs Polanski, un film prenant, déroutant et envoûtant qui ne manquera pas de plaire à bon nombre de cinéphiles curieux et/ou partisans du réalisateur.