Après Despicable Me, Chris Renaud adapte en solo Le Lorax du docteur Seuss, et il s'agit là d'une grande réussite. Sa morale quarantenaire est toujours d'actualité : Tout ce que l'on veut, c'est ce qu'on n'a pas. Les gens sont prêt à dépenser des sommes astronomiques pour obtenir des babioles inutiles, mais quand vient l'heure de faire l'effort de planter un arbre, y'a plus personne !
Le rythme est au rendez vous, l'humour fait mouche, les chansons sont toutes géniales, John Powell mérite une moisson d'oscars... Le seul bémol que j'ai à apporter serait une propension à tout raccourcir au nom de l'efficacité narrative, qui occasionne quelques facilités un peu maladroites. Par exemple on ne sait pas d'où vient la graine du Once'ler à la fin.
Mais sur cette fable écolo dans années 70, Chris va greffer un discours plus vaste, plus fin.
Le film présente deux patrons de grandes corporations, l'un est foncièrement méchant et gagne des sommes d'argent vertigineuses sur le dos de la population, l'autre est simplement un auto-entrepreneur qui se fourvoie.
Et les points de comparaisons vont s'égrainer à travers le métrage : Tous deux ont connu des débuts humbles, ont saisi une opportunité au bon moment, endorment la vigilance des autochtones avec des choses sucrées ( Les marshmallows et l'hilarante pub pour de l'air comprimé en bouteille... ) et acceptent sans broncher que le monde se détériore.
Mais l'entrepreneur égaré trouve grâce aux yeux du réalisateur, à travers sa lente rédemption.
Le message lancé aux grandes entreprises est clair : On s'en fout que vous soyez bons ou méchants, ce qui nous dérange c'est que vous soyez irresponsables ! Chris Renaud avait déjà scandé sa haine des banques lors d'une scène géniale de Despicable Me, serait-il le fer de lance d'une nouvelle génération de contestataires ?
En apprenant aux enfants à se méfier de ce qu'on désire, sans pour autant renier le confort moderne, les crêpes et le disco, Le Lorax se révèle avoir le regard le plus lucide sur l'évolution de nos habitudes de consommateurs des quarante dernières années.
Du coup, j'attends avec impatience les suites : The Lorax Reloaded et The Lorax Revolutions !