Il n’y a qu’un seul magicien à l’œuvre dans Le Mage du Kremlin, son nom est Olivier Assayas. Car proposer un film aussi viscéralement inintéressant sur l’histoire contemporaine de la Russie et l’ascension au pouvoir de Vladimir Poutine relève des arts occultes. Je ne sais même pas tout à fait par quel bout saisir cet objet filmique boursouflé de 2h25, adaptation française en langue anglaise d’un roman écrit par un auteur italien, Giuliano da Empoli, porté par un casting majoritairement américain. Je suppose qu’il y a déjà dans ce descriptif l’une des clés d’analyse du film, à savoir son regard résolument occidental et américano-centré, sur la question complexe, quoique passionnante, de la Russie post-Union Soviétique. Ce parti-pris, sans doute à peu près compréhensible d’un point de vue commercial, donne lieu à des scènes qui confinent au théâtre de l’absurde dans lesquels un Jude Law grimé en Poutine, sourcils froncés et ride au front, critique l’impérialisme américain dans un accent british éclatant.
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https://frankhodiesne.substack.com/p/le-mage-du-kremlin-un-naufrage-moral