Des films qui portent un agenda politique ? Pourquoi pas. Mais à conditions qu'ils soient bons !
Commençons tout de suite par désamorcer la bombe, je n'apprécie pas particulièrement les régimes totalitaires, et je n'ai pas un amour débordant pour les dictatures russes, et si je vais passer mes nerfs sur cette critique, ce n'est pas pour prouver mon allégeance au FSB.
Je vais spoiler fortement, mais à vrai dire, vous ne perdez pas grand chose.
Si l'idée de suivre la vie d'un propagandiste de Poutine n'est pas inintéressante, pourquoi s'évertuer à en faire un film? Un mauvais documentaire aurait suffit largement, et nous aurait épargné le jeu d'acteur de Paul Dano et son phrasé soufflé insupportable.
Faut-il vraiment que les conseillers du pouvoirs aient toujours cette voix "soufflée" et trainante dans les films et séries ? 2heures30 de voix de ventilée et doucereuse, c'est très long.
D'autant plus pour un rôle vide de sens, car le personnage est creux ! Ses enjeux ne se ressentent pas, on ne s'attache pas à lui. Il nous ennui... Jamais je n'ai eu le moindre intérêt devant ses discours mal écrits. Si les scénaristes ont voulu le décrire comme un magicien.. c'est complétement raté, il n'évoque rien.. sinon l'ennui.
Mais si le jeu était le seul problème... car la conception du film est déjà problématique.
Il se résume à cela : une suite de scandales Russes, avec des images d'archives qui nous sortent si c'était possible, encore plus de l'histoire, le tout illustré par des titres hideux.
Car le film se résume à une illustration de la monté du méchant Poutine face aux gentilles démocraties Européenne et États-uniennes, tout ça a cause d'un propagandistes surdoué. Un Edouard Barnay qui aurait eu l’oreille de Poutine avec de grands conseils, totalement oubliable, et oubliés par la même occasion. Le personnage ne fait rien en vérité. Ou du moins, on ne le ressent pas.
Je peux comprendre la volonté de dénoncer, et même de sortir des éléments simplifiés à outrance pour servir une idéologie. J'accepte même la prise de partie si originale de dépeindre les Russes comme buvant de la vodka, et même de sous entendre que "si les Russes on fait tomber le mur, c'était car ils voulaient plus de vodka" (que voulez vous, le film le dit, et je ne le considère pas assez subtil pour faire du second degré). Mais faites votre propagande correctement !
Les scènes sont fausses, surjouées, mal jouées, caricaturales, il n'y a que ça ! De la fête d'étudiants dévergondées ou l'acteur principal en parait déjà 40, à la scène pseudo philosophique ou le seul personnage féminin du film se retrouve en maillot de bain sur son Yacht, à se plaindre des rapports de pouvoir à Los Angeles, avant de plonger dans la méditerranée, jusqu'à la scène finale du film qui ne surprend personne, en passant par les marketeux méchants et cyniques et les motard beaufs et le couple qui joue à chat en riant dans la forêt ... le compte est bon, n'en jetez plus...
Mais le discours n'est pas en reste, car à travers la vision "intelligente" du personnage principal, c'est les classiques discours sans nuances que l'on retrouve. Avec une mention spéciales pour cette scène sur l'utilisation d'internet :" Nous nous servirons des "complotistes" "idiots" "pro-life" & "Antivax" pour placer nos idées", (lesquelles exactement?) "les américains ont créé les algorithmes mais nous, les russes, nous en sommes les maîtres"(pouvait-on faire plus "phrase de méchant", ou encore cette superbe métaphore sur la communication "Tu vois ce fil de fer ? on va le tordre dans un sens, puis dans l'autre ! et comme ça, il va finir par casser ! (Cette dernière scène, tout particulièrement, fut très longue.
Des discours simplistes, et sans nuance. Insultants même parfois, ou nappé de mépris, car a travers le personnage, c'est les "talentueux" scénaristes qui nous parlent.
Je peux aussi évoquer l'histoire d'amour du film, car "Le Mage du Kremlin", c'est aussi de l'émotion...
Une histoire qui n'apporte rien, pas même de l''attachement au personnage. Basé sur un unique personnage féminin, cliché sur patte et sans intérêt. J'ai lu dans un autre commentaire "un personnage fort et libre". Mais rions de ce personnage "fort et libre", seul sex interest bâclé d'un antihéros sans charisme. En quoi est elle libre? En quoi est elle forte? Son parcours dans le film se résume à "sortir avec le héro au bout de 30 secondes, puis le tromper, puis revenir avec lui, puis lui faire un gosse". Je pense que l'on peut lui décerner l'oscar du personnage féministe sans aucun problème... non?
Car quel est le rôle de ce personnage ? Montrer qu'en étant riche, on préfère vivre en côte d'Azur qu'à Moscou ? Que la jeunesse est pleine d'entrain et de rêve sur le monde? Mais quels messages originaux ! Non, c'est un énième personnage féminin vide de sens, qui fait office de "voix de la raison" et qui n'a pour unique intérêt que de faire naitre une gamine (oups pardon, deuxième personnage féminin), pour simuler une repentance de notre ventilateur favoris avant qu'il ne se fasse flinguer.
Et quelle fin de film ! Attendue, et suppliée depuis les 15 premières minutes.
Je crois que je n'ai jamais soupiré de soulagement aussi fort que devant ce tir final, venant achever le dernier cliché du film, dans un plan de lycéen option ciné en mal de drama. Scène amenée avec la finesse d'un bulldozer. Les scénaristes ayant pris soin de nous montrer la scène précédente comprenant un enfant et son pôtit chat pour nous attendrir par tous les moyens.
Au final, un film qui prend les gens pour des jambons, sans aucune nuance, que ce soit dans le message, dans le jeu ou dans l'esthétique. Au moins, il m'aura motivé à écrire.