Support: Bluray
Le Magnifique, c’est un peu OSS 117 et les ZAZ avant l’heure. La déconstruction du culte Bondien en la montrant telle la série pas finaude qu’elle est encore en 1973, en forçant à peine les traits, dans un univers à la violence cartoonesque, à la musique Coucouroucoucou, et à l’absurdité prégnante. Il ne manque que les calembours et on y est.
Mais un film entier de ça aurait pu être peinant, et c’est donc là que le scénario à trois plumes tire son épingle du jeu, en nous faisant basculer de la fiction douteuse au réel qui l’est autrement. Car si les aventures de Bob Saint-Clar donnent dans le pastiche, elles n’ont d’intérêt que par les trépidations de François Merlin, son auteur. Un type qui fait de ses romans de gare des projections escapistes dans un univers de tous les fantasmes, propice à fuir la morne grisaille d’une vie trop banale. Par ce qu’il couche sur papier, il se crée son exutoire, sa catharsis, quitte à ce que l’influence de la fiction déborde sur le réel. Et, magie d’un montage au cordeau, la frustration de Merlin devient rapidement celle du public alors que l’on interrompt les scènes de Saint-Clar par l’irruption du réel. Une réussite au vu de l’absence d’enjeux dans le fictif.
Un jeu de chassé-croisé qui fait dépasser à cette sympathique comédie les limites du potache, malgré un petit bottage en touche sur la fin où une blague répétée sur le viol passe difficilement aujourd’hui, et où l’autodérision de Belmondo agit avec un charme certain.