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Revigorante rupture que celle opérée par Ryusuke Hamaguchi : après des films volontiers verbeux et littéraires, explorant les complexes oscillations des rapports humains et amoureux, Le Mal n’existe...
Le Mal n’existe pas est un sommet d’intelligence, de sensibilité, de beauté, qui parvient à faire du discours un geste sensible, comme, exemplairement, dans cette longue réunion autour du projet de glamping, où une scène presque entièrement discursive se transforme en expérience physique des rapports entre les personnages. On entend parler mais on sent aussi ce qui est en jeu : l'inscription des humains dans la nature, la relation père-fille, la confrontation de deux mondes sans qu’un parti pris univoque soit imposé au spectateur, le grain de folie qui fait tout basculer, le tragique sous le bucolique, l’étrangeté ou le fantastique que le jeu des points de vue internes confère à certaines scènes. L’interprétation de l’incroyable Hitoshi Omika, acteur non professionnel, est certainement l’une des clés de la réussite esthétique et éthique de ce film : son impassibilité rend son personnage Takumi profondément indéchiffrable et si l’on croit le connaitre parce qu’on le suit dans ses gestes quotidiens, il nous reste opaque jusqu’à la fin, irréductible.
Créée
le 18 août 2026
Critique lue 4 fois
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