Les spectateurs de l'époque baby boom n'ont pas été assez réceptifs par cette bouse de la nouvelle vague du cinéma des années 60 représentée par le cinéaste Godard.
Ce sont les néo-critiques des journaux d'époque qui ont donné à ce film sa qualité de "chef d'oeuvre" qui n'en est pas un, par le pilonnage de la doctrine en faveur des jeunes créatifs qui s'encensaient meilleurs que leurs aïeux par des moyens sémantiques pré-68 relatifs à la liberté de création, des mœurs et du corps, le tout enfoncé au pied de biche dans toutes les écoles de cinéma et de journalisme, qui continue à formater les cerveaux des promoteurs, dits aujourd'hui de gauche, dans la médiocrité de l'entretien de ce mythe. Peu de films de la nouvelle vague sont bons et celui-ci n'en fait pas partie.
Le tout est capté par l'un des nouveaux formats cinémascope en couleur et en définition argentique fine qui en jetait à l'époque. La technique d'écrasement/expansion intra-image était tellement novatrice et incroyable qu'elle est mentionnée plusieurs fois dans le film.
Le scénario est pauvre malgré l'adaptation du roman, les prises de vues sont peu travaillées, les acteurs font une prestation minimum et laissent passer à l'écran la récitation de leurs textes appris par cœur comme des machines, seuls quelques plans moyens et serrés de Brigitte Bardot sont appréciables.
Pour donner du sentiment dans les scènes banales, Godard enfonce la musique du film dans le crane du spectateur à coup de marteau, qu'on s'empresse de rejeter par exaspération, alors qu'elle méritait un final en apothéose par la qualité de sa composition.