Classique parmi les classiques de chez Pixar, Le Monde de Nemo résiste plutôt bien à l'enchaînement des visionnages, même plus de 20 ans après sa sortie. Sous prétexte de le montrer à ses enfants, on se surprend à redécouvrir avec joie ce voyage initiatique que vivent, à distance, le petit Nemo et son père Marin.
Le film a d'abord le mérite de tenir "son angle" : la quête d'un père pour retrouver son fils, la course contre la montre de l'enfant pour assurer sa survie. Le récit, qui aurait facilement pu faire quelques pas de côté en direction du réchauffement climatique, de la surpêche, ou encore du bien-être animal, assume son statut de film d'aventure et ne mélange pas les genres.
Le montage alterné fait suivre, presque en miroir, la progression des deux héros, bien aidés par une riche galerie de personnages secondaires. Chacun d'entre eux aidera à passer un cap, dans un schéma classique qui voit les protagonistes évoluer intérieurement à mesure que la quête avance.
C'est d'abord un père qui devra dépasser le traumatisme d'avoir perdu la quasi-totalité de sa famille. Il devra pour cela apprendre à "lâcher prise" et laisser son fils voler de ses propres ailes. C'est ensuite un fils, porteur de handicap, qui apprendra qu'il peut compter sur lui-même et est tout aussi capable qu'un autre.
Marqueur d'une époque dorée pour Pixar, Le Monde de Nemo continue, deux décennies plus tard, à en dire plus sur la différence et les liens parents-enfant que nombre d'oeuvres plus contemporaines.