Avec Il moralista, Giorgio Bianchi nous sert une comédie italienne typique de l’époque : dialogues volubiles, satire sociale bien appuyée et une pincée d’hypocrisie institutionnelle. Sur le papier, ça promet une farce irrésistible. En réalité… on sourit, parfois, mais on rit rarement.
L’histoire suit Agostino, censeur intraitable et chevalier autoproclamé de la moralité publique, qui passe pourtant ses soirées à faire l’exact inverse de ce qu’il prêche. Une belle idée pour un portrait de faux vertueux… mais l’intrigue s'éternise et les gags manquent de mordant.
Heureusement, Alberto Sordi sauve la mise. Dans ce rôle d’hypocrite flamboyant, il déploie toute sa meilleure palette de jeu. Il donne de l’épaisseur à un film qui, sans lui, se serait éteint aussi vite qu’un projecteur après la séance.
Une comédie gentiment piquante, agréable à regarder un dimanche après-midi, mais qu’on oublie aussi vite qu’un sermon trop long. Sordi, lui, reste inoubliable...