Sombre et Captivant, mais Perdu dans le Labyrinthe !

  • Je dois l'admettre, quand j'ai revu Le Nom de la Rose, j'en suis ressorti avec un sentiment mitigé. C'est un film qui a des qualités absolument indéniables, mais qui, à mes yeux, n'arrive pas tout à fait à transcender l'œuvreoriginale d'Umberto Eco, ce qui lui vaut un 6 sur 10.

Ce que j'ai adoré : L'Ambiance et Sean Connery

  • ​Ce qui m'a immédiatement saisi, et c'est la grande force du film, c'est son atmosphère médiévale étouffante. La reconstitution de l'abbaye est magistrale. Les décors sont sombres, les moines ont des visages marqués par l'austérité et la peur, et on ressent cette anxiété, cet obscurantisme qui règne en maître. L'image est froide, glaçante, et crie l'authenticité d'un Moyen Âge brutal.
  • ​Ensuite, il y a Sean Connery. Son interprétation de Guillaume de Baskerville est, pour moi, la raison principale de regarder le film. Il incarne l'intelligence, la ruse et l'esprit des Lumières naissantes face à la superstition. Son regard malicieux et sa prestance portent littéralement l'enquête. Le jeune Christian Slater est également bon dans le rôle de son novice, Adso.
  • ​L'intrigue policière est fascinante. J'ai adoré l'idée que le savoir, et en particulier un livre sur le rire d'Aristote, puisse être un motif de meurtre et le cœur d'un labyrinthe (la bibliothèque) qui est presque un personnage à part entière.

Ce qui m'a manqué : La Profondeur du Roman

  • ​Cependant, et c'est là que ma note s'explique, j'ai trouvé que le film restait souvent à la surface des choses. Le roman d'Eco est une œuvre d'une richesse intellectuelle et philosophique colossale, explorant des débats théologiques complexes, des questions sur la sémiologie et des enjeux politiques de l'époque.
  • ​J'ai eu l'impression que le film, pour être "populaire et spectaculaire", a dû simplifier excessivement ces enjeux. La dimension initiatique d'Adso est là, l'enquête est prenante, mais les nuances et la densité des réflexions d'Eco passent un peu à la trappe, au profit de l'aspect thriller et de l'horreur visuelle. Par exemple, le rôle crucial de la bibliothèque comme allégorie de l'obscurantisme est bien là, mais son côté ésotérique et sa structure complexe sont plus suggérés que véritablement explorés avec la même intensité que dans le livre.
  • ​Je reconnais l'exploit d'avoir adapté un roman réputé inadaptable, mais la version cinématographique m'a laissé sur ma faim concernant les joutes intellectuelles et le poids des idées.

En Conclusion

  • ​Le Nom de la Rose est un très bon thriller médiéval qui bénéficie d'une réalisation impeccable de Jean-Jacques Annaud et d'un Sean Connery mémorable. Si vous cherchez un film d'atmosphère sombre et une enquête captivante, vous serez servi. Mais si vous espérez retrouver toute la profondeur érudite du chef-d'œuvre d'Umberto Eco, vous risquez, comme moi, de rester légèrement en retrait. D'où ce 6/10 qui salue les qualités cinématographiques tout en regrettant l'allègement du propos initial.

Créée

le 2 déc. 2025

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DirtyVal

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