Il suffit généralement d'évoquer le sort tragique des migrants pour se retrouver encenser par un public à la recherche de sa bonne conscience.
Le propos du producteur militant étasunien Brandt Andersen est pourtant louable : éveiller notre intérêt pour le sort des migrants qui traversent chaque jour notre Méditerranée, comme d'autres le Rio Grande. Des fois que les européens ignorent encore cette tragédie.
Le film date de 2024 mais prend comme "décor" (plutôt réussi) la bataille d'Alep en Syrie dans les années ... 2010 !
Là encore, les européens ont peut-être depuis d'autres références, malheureusement, quinze ans plus tard.
Mais cette méconnaissance du contexte européen ne suffirait pas vraiment à disqualifier le film et ce n'est pas l'image d'ouverture (la tour Trump de Chicago) qui rattrape le tout.
C'est surtout une réalisation pesante qui plombe le discours, un ton mélodramatique qui joue sans cesse sur la corde sensible (des enfants, un chiot, ... !), et surtout, surtout, des dialogues absolument indigents qui font perdre toute crédibilité aux acteurs plongés dans l'embarras. Mon dieu que c'est mal joué ! On se croirait face à une troupe de café-théâtre amateure ...
On veut bien accuser le doublage en VF, mais tout de même, il y avait longtemps qu'on n'avait pas vu ça au cinoche.
Même le montage des épisodes, chacun axé sur l'un des personnages de la "chaîne" (la toubib syrienne, le soldat d'El Assad, le passeur, le marin grec, ...) est assez téléphoné. Seul le petit twist final vaut vraiment le coup.
Alors oui, le propos est louable, mais complètement desservi par un film ennuyeux et contre-productif. Dommage.