« Le Passage » est un film profond et poignant qui raconte, avec beaucoup de justesse, une réalité à laquelle la plupart d’entre nous ne sommes jamais confrontés : celle de l’exil, de la guerre et de la survie à tout prix. Sans chercher à être moralisateur ou agressif, il montre simplement les faits, et c’est justement cette sincérité qui le rend puissant. Impossible de rester insensible tant les scènes prennent aux tripes.
J’ai beaucoup aimé sa construction originale, découpée en plusieurs points de vue qui finissent par se rejoindre. Cette réalisation apporte une vraie identité au film et permet de comprendre que derrière chaque migrant, chaque passeur, chaque soldat ou chaque sauveteur se cache une histoire.
Mon seul petit regret est que le rythme soutenu ne laisse pas toujours le temps de s’attacher aux personnages. En développant davantage chacun d’eux, le film aurait probablement duré près de trois heures, ce qui explique ce choix de mise en scène.
J’ai également beaucoup apprécié la fin, qui rappelle avec beaucoup d’humanité qu’on ne connaît jamais réellement les personnes que l’on croise au quotidien. Cette révélation finale apporte une belle leçon d’humilité et conclut le film sur une note forte.
Un drame humain marquant, nécessaire et remarquablement interprété, avec un Omar Sy dans un registre inhabituel qui mérite d’être salué. Un film qui fait réfléchir bien après la séance.